Prier pour la Paix



Hommes et femmes de bonne volonté, qui croyez 
en la puissance de la prière et en son universalité et 
qui rêvez d'un monde plus paisible et plus juste, 


A vous qui cherchez la paix en ce mois de Septembre 2018
Intention de prière : UN DESSIN POUR LA  PAIX
Cartooning for Peace / dessins pour la paix, se définit comme « un réseau international de dessinateurs  de presse engagés qui combattent, avec humour, pour le respect des cultures et  des libertés ». Par le dessin et l’humour, il œuvre pour la liberté d’expression, la tolérance et la démocratie. L’association mène aussi un travail salutaire de médiation et de pédagogie.
L’embrasée de violences dans le monde, suite à la publication des caricatures de Mahomet dans le journal danois Jyllands Posten  en 2005, avait conduit des dessinateurs à s’interroger sur la manière dont le dessin de presse pouvait contribuer à la promotion d’une meilleure compréhension et d’un respect mutuel entre des peuples de différentes croyances et cultures.
Dès lors, un congrès fondateur de l’association s’est tenu le 16 octobre 2006 à l’O.N.U. à l’initiative de Kofi Annan, à l’époque  secrétaire général  des Nations Unies, et de Plantu,  dessinateur au journal Le Monde et à l’Express , ces deux personnalités ont réuni douze des plus grands dessinateurs  de presse mondiaux pour  réfléchir sur le thème « désapprendre l’intolérance ». Les problématiques qui ont présidé à la création  de Cartooning For Peace il y a dix  ans sont évidemment et malheureusement plus que jamais d’actualité.
Afin  de renforcer ce mouvement unique en son genre et financer des activités au niveau local et  international, la Fondation de droit suisse  Cartooning For Peace  est créée le 17 juin 2009, avec  le soutien du Ministère helvétique des Affaires Etrangères et des Nations Unies à Genève. La  Fondation est cofondée par  les dessinateurs de presse Chappatte et Plantu ainsi que Marie Heuzé, ancienne porte-parole des Nations Unies à Genève.
Les attentats de 2015, contre le journal Charly Hebdo et ceux qui s’en sont suivis  et  la prise de conscience du fossé qui se creuse entre certaines composantes de nos sociétés font que la création d’un espace de rencontre et de dialogue autour du dessin de presse, comme outil  pour débattre  entre autres de sujets qui fâchent, reste plus  que  nécessaire… Mais le travail d’explication, de débat, de contextualisation, de médiation, doit permettre à chacun de sortir par le haut des sujets sensibles  ou difficiles, c’est un axe central du travail de l’association. Internet et les réseaux sociaux peuvent  naturellement « décontextualiser » un dessin en un clin d’œil et faire des dégâts  chez ceux qui le reçoivent, il faut donc désamorcer les tensions et faire surgir le dialogue. L’association Cartooning for Peace est active plus particulièrement  dans  les établissements scolaires,  les collèges et les lycées, dans ce cadre, à titre d’exemple  un partenariat privilégié  a été  élaboré avec le département de la Seine Saint Denis , où elle intervient dans les collèges depuis deux années.
Le prix international du dessin de presse 2018 de la ville de Genève et de la  fondation Cartooning For Peace , a été attribué  au célèbre caricaturiste turc, Musa Kart ,menacé à cause de ses dessins, pour son talent et son courage dans la défense de la liberté d’expression et de création artistique.

Prière : Seigneur, Dieu de la Paix, donne-nous la grâce de célébrer le 70ème anniversaire de la déclaration des droits de l’homme en ce 21 septembre, avec intensité et que ces artistes courageux soient comme ta Croix Glorieuse dressée devant nous pour nous indiquer le chemin de la paix ! Amen .




A vous qui cherchez la paix en ce mois d'Août 2018
Intention de prière : L’Eglise agressée au Nicaragua

Le 10/07/2018 une dépêche de l'AFP annonçait au monde : «  Nicaragua : la tension s’accentue,  des évêques  agressés dans une basilique » . A ce jour les tensions ne sont pas encore apaisées.
Le Nicaragua est une République d’Amérique Centrale, peuplée de 6,1 millions d’habitants, frontalier du Costa Rica au sud et du Honduras au nord, bordé à l’est par l' Océan Pacifique et à l’ouest par l' Océan Atlantique ; sa capitale est Managua. Malgré ses abondantes ressources naturelles présentes dans son sol : or, argent, cuivre, tungstène, plomb et zinc, le pays est lourdement endetté. Deuxième producteur de café d'Amérique centrale après le Honduras, la production se son agriculture surtout à base de maïs, sorgho, et haricot est importante. Le Nicaragua est considéré comme l’un des pays les moins violents du continent américain : en 2015 la FAO le félicite pour la réduction significative de la sous-nutrition.
L’élection au suffrage universel de Daniel Ortega en 2011 est aussitôt contestée. Mgr Leopoldo Brenes, archevêque de Managua, dénonce l’arrivée au pouvoir de l’ancien révolutionnaire sandiniste et déclare «  Si les institutions s’en tenaient à la Constitution, elles ne couvriraient pas cette candidature illégale ». Plus de 60 % de la population du pays est catholique ce qu'atteste la devise nationale : En Dieu nous avons confiance. Le 9 juillet,   : un édifice religieux est pris pour cible. Les forces gouvernementales ont encerclé la basilique Diriamba pour empêcher l’ouverture des portes aux manifestants blessés. Les évêques et les prêtres présents ont été insultés et malmenés.
L’Eglise catholique fait office de médiatrice au Nicaragua en annonçant une reprise du dialogue. Le peuple nicaraguayen voit en l’Eglise un porte-parole des opprimés : « ses membres ont sauvé beaucoup de vies grâce à leur médiation et leur intervention. Des prêtres et des laïcs sont considérés comme des héros au Nicaragua car ils se sont mis au rang des opprimés et ont su élever leurs voix face au régime. » affirme Tim Rogers, spécialiste du de Nicaragua.
Depuis le début de la crise en avril 2018, 244 morts sont à déplorer et prés de 2000 blessés ; le pays est au bord de la guerre civile et exige le départ du président accusé de confisquer le pouvoir. La Conférence épiscopale du Nicaragua a proposé le jeudi 14 juin au président d’avancer les élections générales en 2019 au lieu de 2021 et d’instituer des réformes constitutionnelles. Le 15 juin le cardinal Leopoldo Brenes et les évêques du Nicaragua ont convoqué les deux camps à une réunion de concertation pour saisir une occasion de plus de servir la paix.  Déjà à la fin du mois d’avril,  les évêques du pays ont déclaré :  « Nous exhortons le peuple nicaraguayen à exercer son droit de manifester pacifiquement sur la base des valeurs civiques et évangéliques. » Dans une homélie, Mgr Silvio Baez, évêque auxiliaire de Managua a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer à nous asseoir avec les représentants d’un gouvernement qui ment, qui n’accepte pas sa responsabilité et continue d’attaquer et de massacrer la population. » Le prélat a annoncé « que l’Eglise continuerait à miser sur le dialogue mais s’il est rompu ce sera à cause de la dureté du cœur, de la fierté et de l’ambition du pouvoir de ceux qui détiennent l’autorité politique au Nicaragua. Ils seront responsables de ne pas avoir voulu une sortie pacifique de cette crise nationale qu’ils ont eux-mêmes provoquée. »
Prions : Seigneur nous t’en prions, par l’intercession de la Vierge Marie, donne à l’Eglise du Nicaragua la force, le courage et la persévérance nécessaire pour continuer sa lutte contre la 




A vous qui cherchez la paix en ce mois de juillet 2018
Intention de prière : dire non aux robots tueurs

  Le développement de plus en plus sophistiqué des systèmes d'armes soulève de nombreuses questions éthiques. Au nombre des Systèmes d'Armements Létaux Autonomes (SALA) on distingue notamment les robots terrestres et sous-marins, les drones, les big-data, l'intelligence artificielle. Ces engins ne sachant pas reconnaître seuls un civil d'un combattant, remplacer des troupes conventionnelles par des machines c'est laisser à ces dernières un droit de vie ou de mort ce qui revient à franchir les lignes  morales fondamentales. Par ailleurs, les Etats sont prêts à s'engager d'autant plus volontiers dans ces conflits qu'ils auraient l'assurance de se prévaloir auprès de leurs opinions publiques d'opérations « zéro mort » ! Un sentiment d'impunité en sortirait renforcé et, loin de favoriser la paix, ces nouvelles armes rendraient plus facile le déclenchement des guerres.
Pour exemple, le robot conçu par le groupe Samsung est un robot tueur, d'autant plus inquiétant qu'il peut très facilement devenir complètement autonome et se passer de toute autorisation pour guerroyer. L'activation de son mode « automatique » le lui permet, de sa propre et seule initiative.
Les américains font de leurs drones armés, depuis de longues années, un usage qui, en Afghanistan et au Pakistan, a déjà tué des civils par centaines.
Les britanniques, les français, les russes, les chinois, quant à eux cherchent à se doter de leur propre système automatisé et tous communient dans le même projet d'équiper leurs armées de machines de guerre toujours plus autonomes ; tous semblent, en somme, préparer un avenir cauchemardesque  où les robots, comme dans les pires scénarios de science-fiction pourront librement  « porter atteinte » à des êtres humains. D'autre part, leur confection ne nécessitant aucun matériel de base coûteux ou difficile à obtenir, ces robots risquent de tomber entre les mains de terroristes, de dictateurs désireux de contrôler davantage leur population  et de seigneurs de guerre souhaitant perpétrer un nettoyage ethnique.
De nombreux pays, non des moindres, sourds aux alertes des ONG et de la société civile se sont lancés dans ce qu'il faut bien appeler une course aux armements robotisés.

Prions : Seigneur, que l 'Esprit Saint, Esprit de paix, éclaire  les dirigeants de tous les pays afin qu'ils mesurent toutes les répercussions néfastes que peuvent entraîner leur course à l'armement et que les progrès de la science servent à favoriser la  paix plutôt que la destruction et la mort. 


Pour plus d’information, est recommandée la lecture de la récente chronique d'Amnesty International, n°371


A vous qui cherchez la paix en ce mois de Juin 2018
Intention de prière : l’Association coexister Interfaith tour

L’association Coexister est un mouvement de jeunesse et d'éducation populaire, apartisan et aconfessionel qui promeut la Coexistence Active et donc la paix en utilisant une méthode d’éducation par les pairs auprès de jeunes entre 15 et 35 ans.  Son but est de favoriser  le lien social et le mieux vivre ensemble, tout en s’appuyant sur les différences en les respectant. Ainsi, la cohésion sociale est créée non plus « malgré » mais  « grâce » aux différences. Pour les jeunes de Coexister, il y a trois étapes successives :  
·       le dialogue qui  permet d’apprendre à se connaître
·    la solidarité qui permet de dépasser le simple cadre du dialogue en agissant ensemble, au service de la société
·      la sensibilisation qui permet à ces jeunes de devenir des agents de la coexistence active.
Coexister est porteur du projet « InterFaith Tour » dont une des équipes  composée de quatre jeunes gens, athée, musulman, juive et catholique partis pour visiter 20 pays dans les cinq continents  pendant sept mois afin de recenser toutes les initiatives interreligieuses et interconvictionnelles du monde dans le but de les étudier, de les mettre en relation et d'en rapporter les plus pertinentes en France en  choisissant le format attractif de conférences, ateliers participatifs et expositions ambulantes qui passeront de villes en villes.
Le public qu’ils visent est large, à la fois enfants, jeunes et adultes, associations religieuses ou interreligieuses et institutions laïques. La forme des interventions est pensée pour répondre aux attentes de ces différents publics. C’est aussi un très bon moment d’échange de partage que tous ces jeunes vivent ensemble. Leur lien avec la communauté de Taizé a fait participer l’association à plusieurs « pèlerinages de la paix ».

Prions : Seigneur, envoie ton Esprit-Saint afin que d'autres initiatives semblables à celle  d'Interfaith, se multiplient à travers le monde, pour faciliter le vivre ensemble et promouvoir la paix.


Pour plus d’information, consulter le site web de l’association créée en 2009 et qui comptait environ 2000 membres en 2015. www.coexister.fr



A vous qui cherchez la paix en ce mois de Mai 2018
Intention de prière : les Maldives

Les Maldives, archipel de plus de 1100 îles dont 200 seulement sont habitées par 330 000 habitants, forment un état indépendant depuis le 26 Juillet 1965. Ancienne colonie du Royaume Uni, elle est aujourd’hui une république présidée par Abdallah Amen Abdu. L'Islam y est religion d'état. D'abord bouddhistes, les habitants ont été convertis à l'islam, sans doute au XIIe siècle. L'application de la charia est stricte les autres religions sont interdites.
La capitale Malé est surpeuplée et recouverte de bâtiments, la plupart des autres îles sont destinées essentiellement au tourisme qui constitue la principale ressource, ressource fortement menacée par la montée des océans rendant l’accès difficile et par ailleurs sévèrement réglementé, le logement chez l'habitant y est notamment interdit.
L’archipel connaît deux graves problèmes : le chômage et la drogue. De plus, sévit une crise politique émaillée de violences, après la démission le 7 février 2017 de Mohammed Nasheed,  ancien président qui figure parmi les opposants, et par ailleurs  champion de la lutte contre le réchauffement climatique.
Le rétablissement récent de la peine de mort des enfants dès l'âge de 7 ans a suscité l'indignation dans le monde et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a fait part de sa profonde inquiétude. En effet,  selon le droit international, « les personnes inculpées et condamnées pour des infractions commises avant l'âge de 18 ans, ne peuvent ni être condamnées à mort, ni à la prison à vie sans possibilité de libération», a rappelé Ravina Shamdasani,  porte-parole du Haut -Commissariat des Nations Unies.
« Ceux qui ont manifesté pacifiquement contre l'état d'urgence n'auraient jamais dû être incarcérés et doivent être libérés immédiatement et sans condition. Le gouvernement des Maldives se sert de l'état d'urgence comme d'un permis de réprimer, et s’en prend à des membres de la société civile, des juges et des opposants politiques », a déclaré de son côté, Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Asie du Sud à Amnesty International qui a également constaté un recours à la force injustifiée et excessive par la police contre des journalistes et des manifestants pacifiques,

Prions : Vierge Marie, Reine de la Paix, intercède auprès de ton Fils, afin que, dans les pays soumis à des régimes totalitaires, cessent  oppression et terreur. Seigneur, viens en aide à tous les acteurs de non-violence et à tous les artisans de paix pour que leurs voix soient entendues et leurs actions respectées. Amen



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois d’Avril 2018
Intention de prière : Martin Luther King, apôtre de la paix, 50 ans après


 Quand il a prononcé son discours « I have a dream », lors de la marche de Washington en 1963,  Martin Luther King était désapprouvé par deux tiers des américains. Devenu l’homme le plus dangereux des Etats Unis, il était assassiné le 4 avril  1968, il y a cinquante ans !

Aujourd’hui le combat non violent du pasteur noir américain inspire toujours dans le monde entier. Des milliers d'hommes et de femmes, guidés par la foi qui les anime, se dévouent partout dans le monde aujourd'hui pour soulager la misère et être des artisans de paix. Martin Luther King demeure un symbole fort et vivant. Alors que vient d’être célébré le cinquantième anniversaire de sa mort, n'oublions pas que c'est dans la Bible que, Prix Nobel de la paix, il puisait ses motivations profondes.

La force de ce pasteur baptiste était l’action non-violente.  Au-delà des sa lutte pour les droits civiques des noirs, c’est la critique du capitalisme et de la guerre du Vietnam qui expliquent sa mort. En condamnant la guerre et les inégalités de richesse, il aspirait à une nouvelle orientation des structures de son pays, selon lui trop orientées vers l’enrichissement d’une petite poignée dont la domination était assurée en divisant la classe ouvrière entre blancs et noirs, ces derniers étant envoyés avec les pauvres blancs « faire la guerre au Vietnam ».

A l’exemple de Gandhi, la non-violence était d’emblée son choix, l’histoire lui ayant montré que chaque fois que les noirs avaient eu recours à la violence, la répression s’était déchaînée contre eux. Le choix de la non-violence n’avait rien d’une passivité ni d’un refus de la lutte. Dès1955, il prend la tête d’un mouvement qui a déjà commencé et met en place des ateliers pour former à la non-violence ; il était convaincu que la non-violence était le seul moyen de changer le cœur de celui qui vous agresse, pour le désarmer en l’aimant malgré-lui.

Enfin, On ne saurait faire mémoire de Martin Luther King sans rappeler deux phrases  de son discours : « Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux » et  « je rêve qu’un jour (…) les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main comme frères et sœurs, Je fais aujourd’hui un rêve ». Le rêve n’est pas encore devenu pleine réalité ! Notre prière et notre engagement n’en sont que plus indispensables.

Prions :

Seigneur, que Martin Luther King inspire encore de nombreux leaders religieux et politiques pour continuer le combat non-violent pour l’égalité de tous et que, par la grâce de l’Esprit du Ressuscité, vainqueur de la mort et du péché, nous soyons tous des hommes et des femmes de paix là où nous sommes.



A vous qui cherchez la paix en ce mois de Mars 2018
Intention de prière : L'agro-écologie, espoir de paix et de cohésion sociale dans les pays du sud


Au Burkina Faso, au Burundi, au Timor oriental et dans d’autres pays, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) dont PAIES (Programme d'Appui aux Initiatives Économiques et Sociales) PERMATIL (Permaculture pour le Timor Leste), CCFD TERRE SOLIDAIRE, luttent pour instaurer une nouvelle agriculture capable d’ouvrir un nouvel avenir en réparant les dégâts causés par toutes sortes de méthodes dévastatrices, telles que coupe anarchique du bois, feu de brousse, surpâturage et emploi de pesticides.
                       
Parmi ces pratiques  écologiques, on distingue entre autres, la reconstitution du bocage qui consiste en des prairies entourées de haies vives afin d'éviter l'érosion liée à la mousson ; les plantations dans des zaîs, (petites cuvettes permettant la rétention de l'eau,) la permaculture qui consiste en la préparation de compost et l’usage de pesticides et fertilisants naturels, les séchoirs solaires, le creusement de rigoles de drainage et le forage de puits pour capter l'eau des nappes souterraines très importantes dans le sous-sol africain, réhabilitation des variétés paysannes adaptées au terroir et capables de résister au dérèglement climatique actuel.

L'évolution des pratiques mettant en œuvre ces nouvelles techniques agro-écologiques ont permis d'améliorer les rendements agricoles et surtout de renforcer la cohésion sociale, notamment  à travers la reconnaissance du rôle important  des femmes qui maintenant commencent à accéder à la propriété de la terre. Au Burundi, l'espoir d'une vie meilleure est palpable ainsi que des espoirs de paix sociale, alors que le délitement de la production agricole avait alimenté, le désoeuvrement, l'individualisme, l'alcoolisme et surtout la violence. La contribution à l’avènement d’une paix juste et équitable est ainsi reconnue

La deuxième phase du programme du PAIES se prépare. Sa mise en œuvre est prévue en avril 2018 avec les partenaires africains et une dizaine d'organisations du Moyen Orient, des Andes et d'Asie.

Prions :

Seigneur, nous t'en prions, fais que les nations prospères comprennent l'intérêt de l'aide au développement des  pays du sud pour qu'ils jouent un rôle pacificateur. Que ces pays deviennent des modèles de développement écologique, qu'ils puissent subvenir aux besoins de leur population et ne soient plus la proie des prédicateurs de haine qui prospèrent sur la misère. Amen.


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de février 2018
Intention de prière : la fin du conflit au Yémen

Le site du Vatican s’interrogeait le 30 janvier : « La situation est-elle en train de basculer au Yémen ? Les combats s’intensifient autour du Palais présidentiel à Aden où le pouvoir exécutif semble sur le point de s’effondrer » La paix adviendra-t-elle enfin dans ce pays déchiré par une guerre qui oppose les rebelles chiites Houthis, soutenus par l’Iran et la coalition sunnite menée par l’Arabie Saoudite ?
Dans la foulée du printemps arabe en Tunisie et en Égypte, le Yémen connaît une série de manifestations populaires qui démarrent au début de l'année 2011. Les rebelles chiites houthistes se joignent à la contestation lancée par des étudiants. Les houthistes originaires du nord du Yémen  frontalier de l'Arabie Saoudite, sont soutenus par l'Iran son rival. Le sud du pays colonisé par les britanniques est devenu indépendant en 1967, affichant une idéologie socialiste. Mais depuis cinquante ans, les élites politiques, les forces militaires et les puissances tribales se déchirent pour la conquête du pouvoir.
Malgré les annonces répétées du président Ali Abdallah Saleh concernant l'organisation anticipée d'élections et une révision de la Constitution, les manifestations ne faiblissent pas et se terminent souvent par une répression sanglante. Il faut l'intervention des États-Unis et des pays du Golfe pour négocier le départ du président Saleh. Ce dernier accepte de céder le pouvoir dans le cadre d'un accord de transition et au début 2012, le vice-président Abd-Rabbo Mansour Hadi prend la tête du pays puis remporte les élections organisées dans la foulée. Le Président Saleh sera assassiné le 4 décembre 2017.

Pendant toutes ces années mouvementées,  Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) profite du chaos pour étendre son influence territoriale à laquelle s’opposent  les États-Unis  par  une guerre sans merci. Depuis, le pays est le théâtre, selon les observateurs de l’ONU, de la «pire crise humanitaire au monde» : 8,4 des 30 millions d'habitants sont directement menacés par la famine. A cause de l'effondrement des services de santé, 2000 personnes sont décédées du choléra dans la plus grande épidémie jamais enregistrée (près d'un million de cas suspectés depuis mars 2017, selon la Croix-Rouge). Des cas mortels de diphtérie ont également été signalés en raison de la faible couverture par vaccination des enfants de moins de cinq ans. Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) indique que deux millions et demi d'habitants sont privés d'accès à l'eau potable. Selon l'ONG Acted, 21 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire. Près de dix millions nécessitent une aide d'urgence, dont de nombreux enfants.

Jusques à quand la souffrance de tout un peuple ? Invités par le pape François à ne pas tomber dans le piège de « la mondialisation de l’indifférence » osons intercéder sur le cœur de Dieu.

Prions :

En ce mois où nous fêtons le 160ème anniversaire des apparitions de  Lourdes, demandons à la Vierge Marie d’intercéder pour le peuple Yéménite et tous les pays d'Afrique qui subissent les mêmes conflits. Que chacun puisse avoir accès à la nourriture, à l'eau potable et aux soins nécessaires. Que cessent ces guerres qui ruinent les pays et déstabilisent l'équilibre fragile de cette partie du monde.  Amen.


A vous qui cherchez la paix en ce mois de Janvier 2018
Intention de  prière : les Rohingyas, une minorité en danger
 
Avant la colonisation la Birmanie n'existait pas comme entité nationale ; en colonisant cette région du monde, l’Empire britannique a rassemblé des royaumes qui se sont absorbés les uns dans les autres. Du point de vue religieux, les deux tiers sont des bouddhistes, les Bamars, le tiers restant étant composé de toutes sortes de groupes ethniques et  religieux. En 2015, le triomphe électoral du parti d'Aung San Sun Kyi (prix Nobel de la paix en ) a engagé la Birmanie sur la voie de la démocratie mais sans avoir aucun pouvoir sur les affaires sécuritaires réservées à l’armée  composée presque uniquement de Bamars bouddhistes ; en conséquence les généraux occupent les postes clés en particulier le ministère de l'intérieur.

Fin août 2017, l'insurrection des rohingyas musulmans qui depuis 2012 n'ont pas d'accès aux écoles, au marché du travail, aux hôpitaux et sont privés de citoyenneté, a déclenché une répression sanglante de la part  des forces armées birmanes contraignant contre leur volonté des centaines de milliers de rohingyas à fuir vers le Bangladesh, pays très pauvre enclavé dans la partie orientale de l'Inde.

Actuellement, quelques  900 000 musulmans Rohingyas  s'entassent dans des cités de toiles de tentes du Bangladesh où plus de 600 000 d'entre eux sont arrivés depuis fin août pour fuir ce que l'ONU considère comme une épuration ethnique. Les autorités bangladaises redoutent une explosion démographique au sein de cette communauté dont les familles sont traditionnellement nombreuses, ce  qui aggraverait la précarité des conditions de vie dans les camps. Le planning familial bangladais, après des distributions de moyens contraceptifs parmi les Rohingyas, réfléchit à des méthodes plus radicales comme des vasectomies et des ligatures de trompes, sur la base du volontariat. Piégés dans des camps qu'ils ne peuvent quitter, interdits de travailler au Bangladesh, les réfugiés rohingyas  vivent, selon plusieurs rapports de l’ONU, dans des conditions de vie proches de l’inhumanité : surpeuplement, manque d’accès aux soins, inactivités etc.

Avec  les rohingyas de Birmanie, ressurgit le spectre d'une oppression des minorités ethniques et religieuses pratiquée dans d'autres pays et depuis longtemps. Lors de sa récente visite aux  chrétiens de Birmanie, et du Bangladesh, le Pape François a insisté sur la nécessité que la communauté internationale défende les intérêts et les droits des minorités religieuses.

Prions : Seigneur Jésus, toi qui as connu l’exil et la persécution, que l'Esprit Saint inspire les dirigeants de toutes les nations afin  que cessent les persécutions envers les minorités et que soient respectés les droits de l'homme dans tous les pays. Amen


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de décembre 2017
Intention de prière : le rôle des femmes dans le maintien de la paix


Lors de la dernière assemblée générale de l’ONU, Mgr Auza, représentant permanent du Saint Siège, a fait plusieurs déclarations sur les moyens à mettre en œuvre pour qu’advienne la paix. Tout particulièrement, il a souligné « l'importance de la pleine participation des femmes en tant qu'agents actifs dans la paix et la sécurité » et a reconnu « la contribution louable des femmes dans les missions de maintien de la paix de l'ONU dans diverses parties du monde ».  En ce mois où la figure de la Vierge Marie se fait plus présente jusqu’à Noël, il est heureux de reconnaître le rôle vital que les femmes peuvent jouer dans la prévention de la guerre par la médiation et la diplomatie préventive, mais aussi dans les situations d’après- guerre en  participant pleinement aux travaux de réconciliation, de réhabilitation et de reconstruction des sociétés, pour prévenir les rechutes.

Le représentant du Saint-Siège a encouragé la communauté internationale à trouver de nouvelles voies pour mettre en œuvre les différentes résolutions du Conseil de Sécurité qui visent à impliquer les femmes dans les médiations pour les opérations de maintien de la paix et de la sécurité des populations. Comme  l’a rappelé le Pape François avec insistance au cours de l’audience générale du 25 janvier 2017, « c'est souvent une femme,  pleine de foi et de courage, qui redonne de la force à son peuple et le conduit sur les routes de l'espérance. Tant de femmes témoignent de la résilience de l'esprit humain face à l'exclusion systémique. Ceci est particulièrement vrai en temps de violence et de conflit, lorsque la résilience et la miséricorde sont plus que jamais nécessaires. »

Une étude canadienne a fait les constats suivants :
·        lorsque le pourcentage de femmes au Parlement augmente de 5%, un État est cinq fois moins susceptible de recourir à la violence face à une crise internationale.
·        un accord de paix est 35 fois plus susceptible de durer au moins 15 ans si des femmes participent à son élaboration. De même lorsque 35% des parlementaires sont des femmes, le risque de reprise d'un conflit est proche de zéro.

Aujourd'hui comme hier, l’annonce du Royaume de Dieu est confiée à tous mais les femmes y ont un rôle privilégié. Les Évangiles nous les montrent présentes et actives autour de Jésus et elles sont nombreuses à soutenir de leurs ressources Jésus et les douze apôtres.    

Prions Marie, Mère de Jésus, le Prince de la Paix, afin que,  par son intercession, le Seigneur fasse reconnaître l'importance du rôle des femmes dans tous les processus de paix à l’œuvre  dans le monde. Prions aussi pour que leur engagement pour la paix ne fasse pas d’elles des cibles de violences... Paix aux hommes que Dieu aime.


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de Novembre 2017
Intention de prière : l’abolition de l’arme nucléaire

   Les tensions  entre la Corée du Nord, ses voisins et les Etats Unis au sujet du programme nucléaire nord-coréen sont  une source d'inquiétude pour la communauté internationale. Le président des USA a même menacé de détruire complètement la Corée du Nord. Devant cette escalade de violence, au moins verbale, le secrétaire général de l'ONU, Mr Guterres  a rappelé que «  des paroles incendiaires pouvaient  mener à des malentendus fatals ». L'ONU juge que la menace nucléaire est à son plus haut niveau depuis la fin de la guerre froide : « il y a toujours  environ 15000 ogives nucléaires dans le monde ». C'est dans ce contexte que le 6 octobre dernier, le Prix Nobel de la paix a été attribué à l' ICAN.

L'ICAN est une coalition internationale qui réunit des centaines d'ONG en provenance d'une centaine de pays différents. Son objectif est d’aboutir à l'interdiction et à la destruction des armes nucléaires.  Créée en 2007 à Vienne (Autriche) en marge d'une conférence internationale du traité sur la non -prolifération des armes nucléaires (TNP), elle a son siège dans les bâtiments du Conseil œcuménique des Églises à Genève, près de l'ONU. L'ICAN est financée par des donateurs privés et par des contributions de l'Union européenne et d’États comme la Norvège, la Suisse, l'Allemagne et le Vatican..
Selon l'ICAN, certains pays européens, membres de l'OTAN, déclarent soit posséder, soit dépendre de l’arsenal nucléaire des USA pour leur sécurité. A quoi il convient d’ajouter que certains Etats possèdent des réacteurs nucléaires pouvant être détournés de leur usage civil afin de produire des armes. Par ailleurs, selon les études menées par les militants de l’ICAN, des programmes consacrés aux armes nucléaires détournent des fonds publics en priorité destinés à la Sécurité Sociale, à l'Education et même à l'aide aux victimes de catastrophes naturelles !

Ce 20 septembre 2017, le traité d'interdiction des armes nucléaires a été ouvert à la signature des pays membres de l’ONU. A ce jour, 22 pays l'ont signé, mais il n'entrera en vigueur qu’après la ratification de 50 pays ! Le but de ce nouveau pacte est de renforcer le traité de non-prolifération des armes nucléaires entré en vigueur en 1970, qui vise à éviter que la fabrication d'armes nucléaires ne se répande dans le monde. Quant au traité d'interdiction complète des essais nucléaires, il a été boycotté par les neuf puissances nucléaires.

Prions :
Seigneur, nous te rendons grâce pour la mobilisation de l'ICAN qui vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix 2017. Envoie ton Esprit Saint éclairer les consciences des dirigeants des puissances détentrices des armes nucléaires, afin qu'ils s'accordent à renforcer les traités de non prolifération et d'interdiction des essais des armes nucléaires. Seigneur, soit attentif à notre prière .



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois d’Octobre 2017
Intention de prière : un pas historique sur le chemin de la paix au pays basque


Après 58 ans de terreur, d'enlèvements et de sang versé, l'ETA a fait un pas de plus vers sa dissolution. La page de la lutte armée se tourne enfin définitivement.

En quelques mois une campagne d'action non-violente inédite a réussi à relancer le processus de paix qui se trouvait dans l'impasse au pays basque. L'organisation indépendantiste avait décidé la fin de la lutte armée en 2011. Le 8 avril dernier, suite à l'appel lancé par les « artisans de la paix », le processus de désarmement de l'ETA a pu être mené à son terme. Une action que l'on doit à un collectif de citoyens qui a décidé de prendre les choses en main après l’arrestation de militants non violents à Louhossoa le 16 décembre dernier 2016. Suite à cette arrestation, de nombreuses personnes parmi les élus et les membres de la société civile avaient manifesté leur soutien aux « artisans  de la paix » et s'étaient mobilisés afin d'exiger leur libération mais ce processus s’est trouvé dans l'impasse en raison du refus des gouvernements français et espagnol d'engager les démarches. Au final plus de 20 000 personnes se sont rassemblés le 8 avril, pour assister à la diffusion de vidéos et photos des opérations de démantèlement en présence de 174 observateurs des «  artisans de la paix ». Au total ce sont 120 armes à feu, 3 tonnes d'explosifs et des milliers de munitions et de détonateurs qui étaient contenus dans différentes caches, la plupart hors du pays basque !
Le résultat de cette journée à juste titre considéré comme un succès, apporte la preuve du rôle que peut tenir la société civile dans la conduite de processus permettant de transformer la société. Grâce à l'action des « Artisans de la Paix », la dernière organisation armée d'Europe occidentale est aujourd'hui totalement désarmée et la non-violence s’est affirmée comme une solution vraiment crédibles et infiniment souhaitable pour la résolution de conflits.

Le concept de non-violence progresse et, pour la première fois, l'ONU préconise une intervention civile pour la paix. Puisse le processus mis en œuvre au pays basque inspirer d’autres artisans de paix là où des revendications nationalistes font usage de moyens violents.

Prions : En réponse à l’appel du Pape François ‘implorant tous les croyants juifs, chrétiens et musulmans à unir leur prière pour la paix’ (tweet du 29/09) Vienne Ton Esprit, Seigneur, embraser le cœur des artisans de paix. Que la non-violence devienne la caractéristique de nos relations et de nos décisions pour que :
Justice et Paix s’embrassent. (Ps 84, 11)  Amen



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de septembre 2017
Intention de prière : la paix en Colombie
    
C’est en Colombie que le Pape François effectue sa prochaine visite apostolique du 6 au 10 Septembre. Il vient apporter ses encouragements au processus de paix qui a mis fin tout récemment à plus de cinquante ans d’une guerre civile qui a coûté des milliers de vie. L’Eglise catholique a joué un rôle important dans ce processus et de ce fait, est une instance appréciée d’une grande majorité de la population.

De 1964 à 2016, une guerre civile a en effet opposé le gouvernement colombien à la guérilla marxiste des Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes – FARC.  Aussi l'accord signé avec les FARC le 25 novembre dernier tourne une page dans l'histoire colombienne. En permettant aux anciens guérilleros d'intégrer la vie politique du pays, la Colombie s'inscrit dans les processus initiés  par d'autres pays comme l'Irlande du Nord, où l'IRA a renoncé à la lutte armée et où ses membres ont trouvé  leur place dans la vie politique locale.
L’Église catholique a joué un rôle important et reconnu dans ce processus de paix qui est, en quelque sorte, « la diplomatie de la miséricorde » chère au Pape  François. Mocoa cité amazonienne a été touchée par une coulée de boue le 31 mars dernier ; or, en visite dans cette ville le 6 avril, le représentant du pape avait salué les efforts conjoints de l 'État et de l'ex-guérilla des Farc pour l'assistance aux victimes, estimant que leur réaction coordonnée à cet événement tragique était un signe encourageant de la bonne volonté des deux parties pour une sortie concrète et définitive du conflit.

Mais malgré ces avancées politiques, la violence demeure toutefois fréquente, notamment vis à vis des défenseurs des droits de l'homme, des syndicalistes, des journalistes et envers les membres de l’Église. Si le  conflit avec les FARC peut être considéré comme réglé, une autre guérilla venue de l'extrême-gauche, l'Armée de Libération Nationale, n'a pas encore été réglé. C'est à une population encore traumatisée par la violence et fragilisée par tant d’années de lutte, que le pape vient apporter consolation et espérance. Nous pouvons accompagner sa démarche de notre prière.



Prions : Seigneur Dieu de paix, Isaïe ton prophète a annoncé qu'un jour « les épées seront transformées en charrues et les lances en faucilles » (Is 2-4). Nous te supplions donc de ne pas retarder l'accomplissement de ces paroles. Fais que  la visite du Pape François en Colombie consolide la paix naissante, que  ta Miséricorde puisse s'exprimer, et qu’advienne pour tous une paix juste et durable. Amen.


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois  d’août 2017
Intention de prière : la formation des jeunes du Burundi à la paix.

Le Burundi est un petit pays d'Afrique centrale, miné par les conflits ethniques et politiques depuis son accession à l'indépendance en 1962. Le REJA (réseau des Jeunes en Action pour la paix) a vu le jour en 2001, en pleine crise, pour réconcilier les gens et créer un vaste réseau qui serait plus efficace. Aujourd'hui le REJA fédère 164 associations. La mission est de bâtir un monde dans le respect mutuel et le bien-être de chacun. Cette promotion de la paix est surtout confiée aux jeunes qui représentent 60% de la population. Les jeunes y apprennent à régler les conflits par la médiation et la discussion. En adhérant à ce réseau ils s’engagent notamment à :
  • avoir un esprit patriotique  
  • être conscient de leur rôle dans la consolidation de la paix en résistant aux divers types de manipulation
  • adopter des comportements responsables  
  • s’abstenir d’adhérer aux mouvements de violence
  • cultiver la valeur de la vérité

Une  campagne de mobilisation des jeunes pour la culture de la paix au Burundi a été lancée, qui se propose de promouvoir une culture de paix au sein de la jeunesse pour qu’elle s’investisse dans le lent et laborieux processus de consolidation de la paix.
Les membres de la représentation locale de l’UNESCO organisent la campagne en partenariat avec le REJA. Cette campagne sous l’égide du PaynCoP  (réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix) s’inscrit dans le prolongement d’une autre lancée au Gabon en juillet 2016 et en Angola en Décembre 2016.
Parmi les activités mises en œuvre, on peut noter : la production et la diffusion de spots publicitaires, la participation à des émissions radio, la création d’une chanson sur la culture de la paix, l’organisation d’une marche-manifestation et d’une course pour la paix. Par ailleurs certains medias sensibiliseront les jeunes à la valeur de la tolérance et à l’acceptation mutuelle dans leurs différences. Les talents des jeunes artistes et athlètes burundais seront aussi repérés et mis au service de la promotion de la culture de la paix.

Prions : Seigneur, permets qu'à l'exemple des jeunes Burundais, nous devenions des artisans de paix et que nous formions les jeunes générations à devenir à leur tour des artisans de paix. Que tous, avec le soutien de la prière de Notre Dame, reine de la Paix, nous bâtissions un monde plus fraternel. Amen


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de Juillet 2017
Intention de prière : les peuples indigènes du Brésil

Nommé le 31 août 2016 en remplacement de Dilma Rousseff, le nouveau président brésilien, Michel Temer, incarne le retour d'un conservatisme économique et politique. De quoi remettre en question les droits acquis, notamment ceux des petits agriculteurs et des peuples indigènes. L’annonce en mai dernier de la suppression du Ministère de Soutien à l'Agriculture familiale provoque l'inquiétude ; en effet, 70 % des aliments consommés par les brésiliens proviennent de l'agriculture familiale.

Les peuples indigènes sont parmi les autres grands perdants de cette nouvelle orientation économique ; des coupes franches ont été faites dans le budget de la Fondation Nationale de l'Indigène du fait que le Front parlementaire de l'agriculture (FPA) a diminué le budget alloué. Aux paysans sans terre et aux peuples indigènes qui tenteraient de s'opposer à cette politique en faisant valoir leurs droits, le FPA a suggéré à Michel Temer d'envoyer l'armée brésilienne pour faire de la « médiation » sur les sites « envahis » ! De quoi renforcer le sentiment partagé par l'opinion publique brésilienne que le géant sud-américain fait un retour en arrière de plus de trente ans. Bien que reconnus et protégés par la constitution de 1988, les peuples indigènes d'Amazonie sont de plus en plus menacés par l'exploitation des matières premières. Le programme d'accélération de la croissance, destiné à développer les infrastructures liées à l'énergie et les transports, a été conçu pour exploiter au mieux les ressources naturelles du Brésil. Les peuples indigènes qui vivent en Amazonie, région riche en matières premières, veulent préserver leurs terres, seule richesse qu’ils peuvent exploiter. Or les violences ne cessent d'augmenter : la déforestation sans limite, la création de complexes hydroélectriques et l'exploitation du pétrole menacent directement les populations indigènes. Privés de leur terre, ils ne peuvent plus cultiver manioc, riz et haricots qui sont les aliments de bases de leur nourriture, ni continuer l'élevage de cochons et de volailles ou s’adonner à la pêche de mars à septembre. Mgr Roque Paloschi (1) depuis octobre 2015 archevêque de Porto Velho, en Amazonie brésilienne déclare au CCFD «  qu'il existe au Brésil des groupes radicaux, très actifs au Parlement qui, alimentés par l'opportunisme de l'agrobusiness et du capital international, détruisent tout, en commençant par ce qu'il y a de plus sacré c'est à dire la vie des peuples et de la planète . »

Prions : Pour l’Église qui est au Brésil, ses pasteurs et tous ses missionnaires.
Qu’elle soit présente aux côtés des populations en souffrance et empêchées de vivre avec dignité.
Qu'elle puisse, sans entrave, assumer la mission que toi, Seigneur, tu lui as confiée.
Qu'elle soit témoin de ta tendresse et de ta miséricorde envers les plus faibles.


(1)   Dom Roque Paloschi, originaire du Sud du Brésil, grand ami du frère Irénée, avait pu le visiter à Tournay lors d’une visite qu’il faisait à Rome. Leur rencontre avait été d’un grand réconfort pour notre frère déjà très atteint par la maladie.


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de Juin 2017
Intention de prière : l’AED – Aide à l’Eglise en détresse


L'année 2017 célèbre  plusieurs jubilés : 500 ans de la Réforme, 300 ans de la fondation de la franc-maçonnerie, 100 ans de la révolution bolchevique en Russie et les 100 ans  des apparitions de la Vierge à Fatima. Arrêtons-nous sur les 70 ans de l'AED - Aide à l’Église en Détresse.
Fondée en 1947 par le Père Werenfried  d’abord pour aider les chrétiens d'Allemagne de l'Est, contraints par le régime communiste à vivre cachés et objet de nombreuses discriminations. Progressivement, pratiquant une méthode spirituelle appelée « la révélation de l’Amour », l'AED s'est déployée, pour répondre aux appels des papes successifs, dans d’autres pays parmi les plus exposés aux persécutions et aux détresses multiples, œuvrant désormais dans 150 pays.

Cette « révolution de l’Amour » s’enracine dans la méditation du mystère de la croix du Christ et de son cœur transpercé.  En 70 ans d'une histoire très riche et multiforme, on peut citer des milliers de faits qui se  sont révélé une vraie source d'espérance. Pas d’autre explication que la lecture croyante et priante de ce verset de l’Evangile selon St Jean : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». (Jn 3, 17) Si  la majeure partie du monde occidental n’a pas connu la guerre depuis 1945, il serait inexact d’affirmer que la paix règne pour autant. Les nombreux attentats perpétrés en Europe ont fait dire à plusieurs responsables politiques que « nous sommes en guerre » ! Le Pape François lui-même n’a pas hésité à plusieurs reprises de parler d’une « guerre fragmentée » ! Lors de son récent déplacement à Fatima, le pape a voulu réaffirmer notre espérance en la réalisation de la promesse de la Vierge Marie aux trois jeunes bergers : « à la fin son cœur immaculé triomphera ». En cette année du jubilé de Fatima, pouvons-nous donc espérer nous approcher de ce triomphe de l’amour ? Certainement ! Sauf si nous nous décourageons d'œuvrer et de prier pour la paix.

Confortée par cette espérance et en tant qu’œuvre pontificale, l'AED a promis de s'engager de manière encore plus généreuse, en cette année 2017. Il s'agit d'un engagement d'amour plus qu' un devoir de charité. Un engagement de tous qui implique de se mettre au service des pauvres et de faire progresser la charité célébrée dans le sacrifice eucharistique.

            Chaque année, l'AED collecte de l'argent pour soutenir l’Église dans le monde. Des milliers d'églises et de chapelles ont été construites ou reconstruites. Elle soutient financièrement la formation des séminaristes des pays pauvres. Elle diffuse des Bibles, Des milliers de prêtres peuvent vivre décemment grâce aux offrandes de messe transmises par l'AED. Des centaines de programmes de radio et de télévision ont été financés pour soutenir les chrétiens isolés. Des milliers de véhicules ont été achetés pour propager l'Evangile. Le magazine d'information de l’AED n° 182 donne tous les renseignements sur cette action multiple cherchant à se faire proche des chrétiens en situation difficile, quelle qu’en soit les raisons.

            Le 25 mai dernier, à l’issue de leur entretien au Vatican, le Pape François en offrant au Président Trump un médaillon en bronze représentant un olivier unissant deux morceaux de terre, expliquait : «  la fracture symbolise la division de la guerre et l’olivier mon désir de paix ; je vous le donne pour que vous soyez instrument de paix. » « Nous avons besoin de paix » a répondu D. Trump.

Prions :

Seigneur, en cette année du jubilé de Notre Dame de Fatima que l'AED a choisie comme patronne, vienne Ton Esprit Saint, Esprit de paix, Esprit de communion, éclairer toutes les communautés chrétiennes. Pour qu’ils agissent ensemble pour la paix, donne à tous tes disciples le courage, comme Marie l'a demandé à Fatima, de prendre et reprendre le flambeau de la prière. Amen.



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de Mai 2017
intention de prière : dénoncer l’hypocrisie du commerce des armes

Le dernier traité international sur le commerce des armes est entré en vigueur en décembre 2014. Il prévoit que les transactions de ventes d'armement soient mieux contrôlées pour éviter les détournements. Il stipule que les pays vendeurs doivent veiller à ce que l'usage qui sera fait des armes vendues ne soit pas contraire aux droits humains. Parce qu’ils en sont les principales victimes, les pays du Sud sont très demandeurs d'un encadrement plus rigoureux du commerce des armes.

Quels efforts consentent les puissances occidentales qui, pour certaines, c'est le cas de la France, se sont enorgueillies d'avoir agi fortement pour l'adoption du traité ?
Dans un rapport rendu public en décembre 2015, d'éminents juristes mandatés par Amnesty International ont mis en évidence que les gouvernements britannique et français enfreignaient les articles du traité en vendant des armes à l'Arabie saoudite, certaines armes étant susceptibles d'être ensuite utilisées au Yémen où la guerre saoudienne continue de faire des ravages humanitaires.

La Chine et d'autres Etats non signataires du traité réclamaient de la souplesse en reprochant aux occidentaux de s'ériger en professeurs de morale après s'être enrichis dans le négoce des armes.

L'enjeu d'une telle règlementation est considérable car des armes détournées finissent régulièrement dans les mains de bandes armées et d'organisations terroristes. Dans un récent rapport de juin 2016, Amnesty International a ainsi établi que l'Etat Islamique a constitué l'essentiel de son arsenal en profitant de « la prolifération incontrôlée des armes en Irak et des contrôles peu rigoureux des transferts d'armes à destination de la Syrie et de l'Irak ». Daech possède notamment du matériel militaire en provenance de plusieurs pays occidentaux.

Tous les Etats doivent procéder à une évaluation beaucoup plus approfondie des risques institutionnels lorsqu'ils envisagent d'exporter des armes pour éviter qu'elles ne tombent entre de mauvaises mains, en particulier en règlementant les activités de courtage car 85% des détournements commencent par un contrat de courtage. Les intérêts commerciaux et sociaux en matière d’emploi des Etats qui produisent des armes jouent un rôle important dans la vente d'armes d'où les réticences à mettre en œuvre les mesures d'une réglementation efficace.



 , ,k Prions : Seigneur nous t'en prions, envoie ton Esprit-Saint sur les gouvernants des pays qui vendent des armes pour qu'ils soient vigilants à ce qu'elles ne soient pas détournées et que des innocents ne soient pas les victimes de ce commerce mortifère. Amen.


A vous tous qui cherchez la Paix en ce mois d’Avril 2017
intention de prière : les Medias, acteurs de paix ou vecteurs de guerre ?

La puissance des medias est incontestablement devenue un « quatrième pouvoir » ces dernières années.  Ce « pouvoir » n’est pas sans poser de multiples questions dont se sont faits récemment l’écho plusieurs intervenants. Tout dernièrement l’Eglise en France n’a pas été épargnée par une émission de télévision à propos de la pédophilie : où est la vérité ? 

Le Jour de Pâques, la terre entière entendra à nouveau la seule bonne nouvelle à annoncer au monde : le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité ! Si cette bonne nouvelle pouvait être annoncée en boucle par les medias, sans aucune limite ni restriction d’une extrêmité du monde à l’autre, dans toutes les langues et toutes les cultures !

Tout citoyen a le droit d’être informé et le devoir moral de s’informer. Le but de l’information est, par la description de rapporter des faits et, par l’explication de donner sens à l’évènement en prévenant des conséquences possibles immédiates ou à venir. La manière de présenter un fait peut amener la paix ou entretenir la confusion. Une des conséquences de la mal information est, à coup sûr, la désorientation des consciences et des comportements.

Peut-on parler de la neutralité des medias ? En temps de guerre ou simplement de conflit de quelque nature qu’il soit, l’information se révèle comme une arme puissante soit pour la paix soit pour la guerre. Nombreux sont les exemples récents où l’annonce, par exemple, d’un massacre peut immédiatement servir de prétexte à la vengeance et à ses effets dévastateurs.

L’information perd son sens et s’avère manipulée quand les politiciens pour convaincre leur électorat et les medias pour ménager leur audience, ont été amenés progressivement et insidieusement à marginaliser ou ignorer les vecteurs de circulation de l’information. Ici les journalistes sont de réels médiateurs et disposent quasi automatiquement d’un vrai pouvoir pour que le conflit soit aggravé ou au contraire résolu.

Pas question pour autant de ne porter qu’un regard négatif. Nombreux sont les medias qui cherchent à travers de multiples instruments, tels que la musique, le théâtre, les bandes dessinée et les magazines, à influer sur les comportements et les perceptions invitant à privilégier la résolution pacifique des conflits. La recherche de la paix s’inscrit dans le long terme, se nourrit de patience et parfois de discrétion alors que les réseaux sociaux obéissent à l’immédiateté et au scoop avec toutes les simplifications abusives qui en découlent. La nécessaire sélection des informations ne donne accès qu’à une partie de la réalité, privant ceux qui la reçoivent des éléments nécessaires à former leur jugement et leur conscience avant d’agir. L’enjeu est grave.

Prions : Sois loué Seigneur pour les apôtres, premiers journalistes de la Bonne Nouvelle du salut. Nous te confions tous les acteurs des métiers de la communication : qu’ils aient le souci de la vérité et de la cohérence pour que tous découvrent le sens des évènements qui surviennent. Que, par ta grâce, tout homme de bonne volonté devienne messager de la Bonne Nouvelle que Ton fils ressuscité a annoncé le soir de Pâques : La paix soit avec vous.



A vous tous qui cherchez la Paix en ce mois de Mars 2017
intention de prière : les Organisations non gouvernementales (ONG) facteurs de paix

Les ONG sont aujourd'hui devenues des acteurs incontournables dans la résolution des conflits et des crises. Dans l’histoire ancienne les institutions dites « charitables » telles les confréries ou plus récemment une association internationale comme la Croix Rouge ont toujours été associés à l'idée de préserver la paix, paix civile, paix sociale. Aujourd’hui elles se distinguent des institutions politiques et religieuses vouées à la longévité voire à la pérennité ; les institutions charitables doivent, dans l'idéal, être temporaires, pour pallier aux imperfections momentanées des systèmes politiques et sociaux établis.

Il faut toutefois remarquer que la mission initiale d'assistance neutre des ONG peut être dévoyée par des actions marquées politiquement. Les actions de développement qu'elles coordonnent sont souvent imprégnées par les valeurs, la culture, les intérêts du pays donateur. Le risque existe aussi qu’elles soient alors utilisées comme des outils de politique extérieure ; ainsi le Président russe Vladimir Poutine a déposé un projet de loi qui confie aux services secrets la surveillance des organisations humanitaires étrangères ! Il est vrai que bien des ONG ont joué un rôle évident dans la libération des Républiques de l’ex-Union Soviétique ; c’est vrai de l’Ukraine et de la Géorgie par exemple ce qui laisse un mauvais souvenir au pouvoir actuel au Kremlin. Depuis quelques années certains Etats à l'instar de la Russie exercent des pressions et des menaces sur les ONG présentes dans leur pays, cherchant par là même à les discréditer. La multiplication des contrôles et des tracasseries administratives est le signe repérable de tels agissements.  Les ONG sont parfois des témoins gênants comme en République Démocratique du Congo ;  leurs initiatives dérangent comme au Rwanda et au Burundi.  Pourtant ces organisations non gouvernementales s’inscrivent toutes, sauf rare exception, dans la catégorie des institutions cherchant à promouvoir un état de paix durable.

 Au final, il y a lieu de craindre que si les pressions et les attaques perdurent, certaines ONG décident de suspendre leurs activités dans certains pays où leur présence est indispensable pour les populations. L’exemple récent de la Syrie l’a montré après les bombardements de lieux protégés comme les hôpitaux de la Croix Rouge ou de Médecins sans frontière.

Prions : Seigneur permets aux Organisations Non Gouvernementales d'assurer leurs missions, qu'elles puissent continuer à préserver la paix et envoie ton Esprit Saint afin qu'il éclaire l'intelligences et le coeur des dirigeants afin qu'ils soutiennent ces organisations aux lieu de les entraver. Par Jésus  ton Fils notre Seigneur.  Amen.


A vous qui cherchez la Paix en ce mois de février 2017
Intention de prière : Non aux murs de la honte


Mur de la honte est une expression utilisée pour la première fois par des médias et des hommes politiques occidentaux pour désigner le mur de Berlin qui séparait la ville durant la Guerre froide.
L’expression a depuis été employée dans bien d’autres contextes pour désigner tout mur ou barrière de séparation pour faire honte à ses initiateurs ou à une communauté plus large qui soutient la séparation ou reste passive devant la situation. Ce sont souvent les circonstances de la construction ou les objectifs recherchés qui justifieraient, pour ces mêmes personnes, l'idée d'un déshonneur apporté par l'édifice.
Au sens figuré, l'expression a pu également être employée pour désigner une ségrégation sociale, comme l’apartheid en Afrique du Sud
Il y a actuellement quelques 21 000 kilomètres de murs de la honte dans le monde parmi lesquels on peut citer les plus connus : Israël-Palestine, Algérie-Maroc, anti-migrants en Hongrie, la ligne verte à Chypre, la zone militarisée séparant Corée du Nord et Corée du Sud, la frontière entre Mellila et Ceuta en Espagne, celle entre l’Inde et le Bangladesh etc. La construction d’un véritable mur entre le Mexique et les Etats-Unis est à l’ordre du jour depuis l’arrivée à la Maison Blanche du nouveau Président américain.

Il n'y a jamais eu autant de murs dans le monde ! Une dizaine était recensée en 1989 après la chute du mur de Berlin, aujourd'hui la cinquantaine est dépassée. Les conflits politiques non réglés, les guerres, les replis ethniques, la montée du djihadisme conduisent sur notre planète à de telles solutions. La mondialisation n'a pas réussi à déboucher sur un monde sans frontières.

Sur le continent européen lui-même St Jean-Paul II livrait cette réflexion : "ne peut-on dire qu'après la chute du mur, le visible s'est encore plus dévoilé, autre mur invisible qui continue à diviser notre continent, un mur invisible qui passe par les cœurs  humains ? Il est construit de peur et d'agression, de manque de compréhension pour les hommes d'une autre origine (...) un mur fait d'égoïsme politique et économique et de sensibilité affaiblie envers la valeur de la vie humaine et la dignité de chaque homme (...) l'ombre de ce mur se projette sur toute l'Europe (...) la mesure d'une civilisation, mesure universelle, intemporelle, embrassant toutes les cultures et son attitude envers la vie. » Les murs de séparation, que certains protagonistes osent appeler « murs de la paix » mais qui sont objectivement  « murs de la honte », sont les tristes vestiges de quelques réflexes primitifs. Ces murs volent des vies, confisquent des familles, violent des terres, enferment, torturent et condamnent des peuples. N’est-il pas temps d’ouvrir enfin les débats sur cette triste réalité érigée au nom de quelques théories qui prônent la réconciliation par la séparation oubliant que la paix ne peut se faire qu’ensemble ?

Prions :

Seigneur, nous le savons, construire un mur est un acte égoïste et injuste commis envers celui qui est démuni par celui qui vit dans l'abondance et qui refuse le partage. Si  tes Saints Apôtres s'étaient heurtés à des murs ils n'auraient pas pu répandre ta parole. Par Jésus qui est venu parmi nous pour détruire tous les murs de séparation entre les peuples nous t'en prions aide-nous à œuvrer pour établir ton règne d'amour sur notre terre.


A vous qui recherchez la paix en ce mois de Janvier 2017
Intention : la paix aujourd’hui

« La plupart des gens mesurent mal à quel point nous vivons dans une époque pacifique. Aucun de nous ne vivait il y a un millénaire, si bien que nous oublions facilement à quel point le monde était plus violent. Alors même qu’elles deviennent plus rares, les guerres attirent davantage l’attention. Beaucoup plus de gens pensent aux guerres qui font rage aujourd’hui en Afghanistan, en Syrie et en Irak qu’à la paix dans laquelle vivent désormais la plupart des Brésiliens et des Indiens.
Pour apprécier les processus macro-historiques, il faut examiner les statistiques générales plutôt que les histoires individuelles. En l’an 2000, la guerre causa la mort de 310 000 personnes, et les crimes violents provoquèrent la mort de 520 000 personnes. Chaque victime est un monde qui est détruit, une famille ruinée, des amis et des parents meurtris à vie. Dans une perspective macro-historique, cependant, ces 830 000 victimes ne représentent que 1,5 % des 56 millions de personnes mortes cette année-là, dont 1 260 000 victimes d’accident de la route et 815 000 qui se sont suicidées.
Les chiffres pour 2002 sont encore plus surprenants. Sur 57 millions de morts, 172 000 seulement sont morts de la guerre et 569 000 de crimes violents, soit un total de 741 000 victimes de violences humaines, pour 873 000 suicides. L’année qui suivit les attentats du 11 septembre à New York, et malgré tout ce qu’on a pu dire du terrorisme et de la guerre, l’homme de la rue risquait moins de se faire tuer par un terroriste, un soldat ou un trafiquant de drogue que de mourir de sa propre main.
Dans la majeure partie du monde, les gens vont se coucher sans craindre qu’au milieu de la nuit une tribu voisine vienne entourer leur village et massacrer tout le monde. Les enfants n’ont plus à craindre d’être vendus en esclavage quand leurs parents ne peuvent plus payer leurs factures et les femmes savent que la loi interdit à leurs maris de les frapper et de les forcer à rester à la maison. De plus en plus à travers le monde, ces espérances sont réalisées.

Le déclin de la violence est largement dû à l’essor de l’Etat. Tout au long de l’histoire, la violence est le plus souvent née d’affrontements locaux entre familles et communautés. Aujourd’hui encore, les chiffres ci-dessus l’indiquent : le crime local est une menace bien plus meurtrière que les guerres internationales. Les premiers cultivateurs dont la communauté locale était l’organisation politique la plus importante, souffraient d’une violence endémique. En se renforçant, royaumes et empires devaient serrer la bride aux communautés en sorte que le niveau de violence décrût. Dans les royaumes décentralisés de l’Europe médiévale, entre 20 et 40 habitants sur 100 000 étaient assassinés chaque année. Dans les dernières décennies, alors que les Etats et les marchés sont devenus tout-puissants et que les communautés locales ont disparu, les taux de violence ont continué de baisser. La moyenne générale actuelle est de 9 meurtres par an pour 100 000 habitants et la plupart de ces crimes ont lieu dans des Etats faibles tels que la Somalie et la Colombie. Dans les Etats centralisés d’Europe, la moyenne est de 1 meurtre par an pour 100 000 habitants.
Il est certainement des cas où les Etats emploient leurs forces pour tuer leurs citoyens et ces épisodes occupent une grande place dans nos mémoires et nos peurs. Au XX° siècle, des dizaines, voire des centaines de millions de gens ont été victimes des forces de sécurité de leurs propres Etats. Reste que, même dans les dictatures les plus oppressives modernes, l’homme de la rue risque moins de mourir entre les mains d’une autre personne que dans les sociétés prémodernes.

Que la violence au sein des Etats ait décru ou augmenté depuis 1945 est peut-être sujet à discussion. Ce que personne ne saurait nier, c’est que la violence internationale est tombée au niveau le plus faible, toutes époques confondues. » Yuval Noah Harari, Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Albin Michel, 2015, pages 429-434. Au premier jour d’une année nouvelle, journée de prière pour la Paix ces réflexions sont bonnes à entendre et à méditer ! Si la paix est toujours faire advenir, il est bon d’apprendre et de rendre grâce parce que « la violence internationale est tombée au niveau le plus faible, toutes époques confondues. Ne cessons pas d’appeler de nos vœux la paix sur la terre.  

A vous qui recherchez la paix en ce mois de Décembre 2016
Intention : trouver la paix dans les petites choses du quotidien



Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis !  (Ps 132-1) Habiter ensemble ? Le psalmiste n'a pas fait  l'éloge des cohabitations humaines.  Nous ne savons que trop que des frères se divisent précisément du fait qu'ils habitent ensemble sous le même toit, et que « la maison où il y a cohabitation  contient des ennemis ». (commentaire de Saint Hilaire de Poitiers).

 La paix est un don de Dieu qui naît dans des petits endroits : un cœur,  un rêve, une parole, un sourire...  La paix est un don artisanal que nous devons cultiver et en faire une voie dans notre vie, le faire entrer en nous, pour le faire entrer dans le monde. « Tu peux parler de la paix avec des paroles splendides, faire de grandes conférences... Mais si dans ta petitesse, dans ton quartier, il n'y a pas de paix, si dans ton travail il n'y a pas de paix, il n'y en aura pas non plus dans le monde. » (homélie du Pape François à Ste Marthe, le 8/09/2016).
Aujourd'hui, alors  que la guerre et les violences qui en découlent continuent de semer la terreur dans tant de cœurs humains, comment, là où nous vivons, œuvrer pour la paix ? Le Pape François nous invite à nous poser cette question : « Comment est ton cœur aujourd'hui ? Est-il en paix ? S'il n'est pas en paix, avant de parler de paix, mets ton cœur en paix. Si tu n'es pas capable de faire avancer  ta famille, ta communauté, ton presbyterium dans la paix, comment veux-tu la faire avancer dans le monde ? Les paroles de paix ne suffisent pas. Commençons par créer un climat de paix en nous et autour de nous, pour arriver au monde en paix. » (homélie du 8/09)

Les paroles de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus n’ont rien perdu de leur actualité : « Inspirées et portées par l'amour, les petites choses acquièrent une grande valeur, Jésus ne regarde pas tant à la grandeur des actions ni même à leur difficulté qu'à l'amour qui fait faire ces actes ».

A la fin du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, nous avons tous été exhortés à : « construire un avenir sur cette terre en travaillant à l’évangélisation du présent pour en faire un temps de salut pour tous ».
Joignons notre prière à celle du Pape François :
« Demander à Dieu la sagesse de faire la paix dans les choses de chaque jour, parce que c'est de ces petits gestes quotidiens que naît la possibilité de la paix à l’échelle mondiale.»  Que naisse la paix dans le cœur de chacun de nous pour bâtir un monde d'amour et de paix.
Viens, Seigneur Jésus, toi le Prince de la paix


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de Novembre 2016

intention de prière : jamais , le nom de Dieu ne peut justifier la violence


A l’occasion du trentième anniversaire de la première rencontre des représentants des religions pour prier pour la paix, initiée à Assise par le pape Jean-Paul II, le Pape François a affirmé quelques convictions fortes. Un bref extrait de son discours de conclusion, pourra nourrir notre prière en ce mois novembre, mois qui a connu le 11 novembre 1918, la fin de la première guerre mondiale. 

« Nos traditions religieuses sont diverses. Mais la différence n’est pas pour nous un motif de conflit, de polémique ou de froide distance. « Nous affirmons ensemble que celui qui utilise la religion pour fomenter la violence en contredit l’inspiration la plus authentique et la plus profonde » (Jean-Paul II, Assise, 2002), qu’aucune forme de violence ne représente « la vraie nature de la religion. Elle en est au contraire son travestissement et contribue à sa destruction » (Benoît XVI, Assise, 2011). Ne nous lassons pas de répéter que jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte, pas la guerre !

« La paix, un fil d’espérance qui relie la terre et le ciel, un mot si simple, et en même temps difficile. Paix veut dire Pardon qui, fruit de la conversion et de la prière, naît de l’intérieur et, au nom de Dieu, rend possible de guérir les blessures du passé. Paix signifie Accueil, disponibilité au dialogue, dépassement des fermetures, qui ne sont pas des stratégies de sécurité, mais des ponts sur le vide. Paix veut dire Collaboration, échange vivant et concret avec l’autre, qui est un don et non un problème, un frère avec qui chercher à construire un monde meilleur. Paix signifie Éducation : un appel à apprendre chaque jour l’art difficile de la communion, à acquérir la culture de la rencontre, en purifiant la conscience de toute tentation de violence et de raidissement, contraires au nom de Dieu et à la dignité de l’homme. Notre avenir est de vivre ensemble. C’est pourquoi nous sommes appelés à nous libérer des lourds fardeaux de la méfiance, des fondamentalismes et de la haine. »

PRIONS : Dieu Notre Père, toi qui as pardonné à Saul d'avoir persécuté tes enfants en ton nom, envoie ton Esprit Saint convertir tous ceux qui par aveuglement croient justifier leur foi en semant la terreur. Sanctifie ton Nom et emplis nous de ton Amour de Père, afin que notre conscience soit purifiée de toute tentation de vengeance car faire la paix signifie pardonner. Amen
A vous qui cherchez la paix en ce mois d'octobre 2016
Intention : la sécurité humaine, facteur de paix

On entend par sécurité humaine un ensemble complexe de menaces reliées entre elles contre la sécurité, tant des individus que des communautés.  Les inégalités entre communautés culturelles bien définies, celles des communautés ethniques, religieuses, raciales basées sur des castes, sont une réelle préoccupation pour nous chrétiens. Nombreux sont les risques de voir naître une guerre ou de voir faillir un Etat confronté à une discrimination ethnique, religieuse ou de caste .
Il est crucial d'identifier ce qui conduit les communautés à recourir à la violence plutôt qu'à la protestation pacifique. Parmi les raisons, la peur est le facteur le plus important . La peur vient des inégalités sociales et de la lutte pour le pouvoir politique ou pour la maîtrise des ressources naturelles et des territoires, peur du lendemain, peur de ne pouvoir protéger sa propre famille, ses biens, sa santé, sa propre vie,  peur de ne pouvoir se développer, peur d’avoir un accès limité aux ressources de bases : eau, nourriture, habitat, soins, éducation.
A  partir du moment où les gens sentent qu'ils n'ont rien à perdre, l'usage de la violence devient « la » solution. L'offre décroissante des ressources environnementales physiquement contrôlables telle l'eau potable et les terres agricoles peut provoquer des conflits entre Etats dus à la pénurie, conflits qui dégénèrent en guerres pour ces ressources. Quand des territoires sont convoités pour leurs ressources, élément vital de leur existence, les populations indigènes sont  expropriées, déplacées, et le risque existe qu’elles puissent disparaître. Ces mouvements de population créent des conflits de groupes et des affrontements ethniques. Les troubles civils et les révoltes sont souvent la conséquence de sévères pénuries environnementales car elles augmentent la pauvreté économique. Il est à prévoir que la dégradation et l'épuisement des terres agricoles, des forêts et des mers contribueront plus aux désordres sociaux dans les décennies à venir que les changements climatiques. La sécurité humaine est la clé du développement humain, mais aussi la seule qui peut garantir une paix durable entre les peuples et au sein des populations.


Prions : Seigneur, tu as créé le monde comme un grand jardin et tu nous as donné une terre à respecter  et des frères à aimer. Ne permets pas que l’avidité de biens matériels entraîne la dégradation et l’épuisement des ressources à partager. Nous te prions pour qu’il y ait  un juste partage des richesses  et  que chaque être humain puisse vivre dans un climat de paix, de fraternité, et de sécurité . Par Jésus notre Seigneur. Amen.



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de septembre 2016
                       intention de prière : dire non au terrorisme !

 Le 9 Juin 2016 deux palestiniens sèment la terreur aux terrasses de Tel-Aviv, faisant 4 morts, le 4 Juillet 2016 attentat suicide à Bagdad faisant 300 morts, le 14 Juillet 2016 un carnage perpétré par un camion à Nice faisant 84 morts, le 27 juillet, le Père Jacques Hamel est égorgé alors qu’il célèbre la messe dans la petite église de St Etienne du Rouvray. Ces drames récents, notamment d’assassinat de prêtres et de religieuses, font partie d'une longue liste qui, hélas, ne cesse de s’allonger.
On ne met pas un terme à la violence  en répondant par la violence, bien au contraire on la légitime ; aussi d'autres moyens de lutte sont à chercher. Dans un contexte international de plus en plus violent et tendu, il est urgent de prendre le temps de réfléchir et de mettre en œuvre des alternatives non-violentes.
Les médias ont une part de responsabilité car, à force de montrer sans cesse des informations relatant des crimes et des guerres, les consciences s’accoutument à leur dose quotidienne de violence médiatique. Les décapitations et les crucifixions perpétrées par l'Organisation État Islamique (DAECH) sont diffusées sur les réseaux sociaux. Le risque est d'être trop vite dans la réaction, il suffit d'un contexte de peur et d’anxiété pour qu'une culture de guerre s'exprime à plein, car la violence n'est pas seulement un phénomène extérieur elle est aussi à l'intérieur  de nous-mêmes. D'autre part, si seulement 20 % des sommes dépensées pour faire la guerre étaient affectées à conduire de vraies négociations de paix, des solutions pacifiques pourraient être mises en œuvre. Nos gouvernants devraient réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour désarmer tous ces groupes criminels, moyens économiques, politiques et culturels.  
Pour briser la spirale de la violence, il ne faut ni la légitimer ni la banaliser. La non-violence est une lutte, un engagement dans une résistance volontaire, elle n'est pas la négation des conflits, ni des combats et encore moins des massacres et des attentats, mais dans une inlassable quête de la paix, elle propose des solutions non-agressives.

  Seigneur  par la grâce de ton Esprit Saint, fais que toutes les personnes en deuil et blessées par les attentats n'aient pas de désir de vengeance, afin d'éradiquer la spirale de la violence. Face à toute situation de violence, faisons nôtre la prière du Père Christian de Chergé : « Seigneur désarme-les, Seigneur désarme-moi » Et fais que le projet terroriste de provoquer une guerre de religion n’aboutisse, mais soit occasion pour chrétiens et musulmans de se rapprocher et devenir « partenaires de paix » partageant leur foi en un même Dieu et reconnaissant la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité. Amen

A vous tous qui cherchez la paix en ce mois d’août 2016
intention de prière : faire prévaloir l’Evangile de la non-violence


A l’initiative du Conseil Pontifical Justice et Paix et de Pax Christi international s’est tenue à Rome du 11 au 13 avril 2016 une conférence internationale intitulée : « Non-violence et paix juste : une contribution à la compréhension de la non-violence et à l’engagement envers celle-ci de la part des catholiques ». Quelques quatre-vingts participants venant des cinq continents parmi lesquels plusieurs évêques et de nombreux théologiens ont travaillé à partir d’une note préalablement envoyée à tous, précisant « qu’il était urgent de repenser la compréhension catholique de la non-violence. » Le message adressé par le Pape François était un encouragement pressant : « L’humanité a besoin de rénover tous les meilleurs outils à sa disposition pour aider les hommes et les femmes d’aujourd’hui à réaliser leurs aspirations pour la justice et la paix. (…) Dans notre monde complexe et violent, c’est une entreprise véritablement formidable de travailler pour la paix en vivant la pratique de la non-violence. » 

Appel à l’Eglise catholique pour qu’elle s’engage à réaffirmer 
la place centrale de l’Evangile de la non-violence.
Notre monde actuel connaît de terribles souffrances, des traumatismes et des peurs largement répandus, liés à la militarisation, à l’injustice économique, aux changements climatiques et à d’innombrables formes de violence. Les dernières semaines nous ont rapporté les multiples attentats terroristes en Europe, en Afrique, en Asie, au Moyen Orient. S’appuyant sur de nombreux témoignages des participants mais aussi sur des recherches universitaires, les membres de la Conférence de Rome ont adopté un texte final qui fait franchir un pas décisif :
« Le moment est venu pour notre Eglise d’être un témoin vivant et d’investir davantage de ressources humaines et financières dans la promotion d’une spiritualité et d’un exercice de la non-violence active, ainsi que dans la formation de nos communautés catholiques aux pratiques de la non-violence qui ont fait la preuve de leur efficacité. En tout cela, Jésus nous inspire. Il est notre modèle. » 

« Ceux d’entre nous qui se situent dans la tradition chrétienne sont appelés à reconnaître le caractère central de la non-violence active dans le message de Jésus. Ni passive ni faible, la non-violence de Jésus était le pouvoir de l’amour en action. De manière claire, la Parole de Dieu et le témoignage de Jésus ne devraient jamais être utilisés pour justifier la violence, l’injustice et la guerre. » Et vient ce passage décisif : « Nous croyons qu’il n’existe pas de guerre juste. Trop souvent la doctrine de la guerre juste a été utilisée pour approuver la guerre plutôt que pour l’empêcher ou la limiter. Le fait même qu’une guerre juste est possible mine l’impératif moral de développer les moyens et les capacités nécessaires pour une transformation non-violente du conflit. Nous avons besoin d’un nouveau cadre éthique qui soit cohérent avec l’Evangile de la non-violence. » 

Les participants, s’appuyant sur diverses déclarations du Pape François, en appelle à lui pour qu’il « offre au monde une encyclique sur la non-violence et la paix juste entraînant à intégrer dans la vie la non-violence de l’Evangile et à promouvoir les pratiques et les stratégies non violentes : résistance non-violente, justice réparatrice, guérison des traumatismes, protection non armée des civils, transformation des conflits. » La rencontre de Rome propose un renouvellement en profondeur de la pensée de l’Eglise sur la question de la violence, pour rompre avec la doctrine séculaire de la guerre juste et pour proposer aux chrétiens de devenir acteurs de la non-violence. Une rupture qui pourrait être décisive pour l’avenir même de l’Eglise. 
   

En ce mois d’août où l’Eglise fête la Vierge Marie, nous te prions Seigneur : envoie ton Esprit Saint dans le cœur de tout homme pour que la non-violence, le dialogue et la prière soient les seules « armes » qui fassent advenir la paix. Que ton Eglise, avec le secours de ta sainte grâce, soit toujours fidèle à sa mission de combattre le mal par le bien. Amen. 



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de juillet 2016
intention de prière : l'Europe sous le patronage de St Benoît

Messager de paix, artisan d’union, maître de civilisation, et, avant tout, un hérault de la religion du Christ, et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé. Alors que s’écroulait l’Empire romain désormais à son terme, que des régions de l’Europe s’enfonçaient dans les ténèbres, et que d’autres ne connaissaient pas encore la civilisation et les valeurs spirituelles, ce fut lui, Benoît, qui, par son effort constant et assidu, fit se lever sur notre continent l’aurore d’une ère nouvelle. C’est principalement lui et ses fils qui, avec la croix, le livre et la charrue, apporteront le progrès chrétien aux populations s’étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de la Pologne.

Avec la croix, c’est-à-dire avec la Loi du Christ, il affermit et développa l’organisation de la vie publique et privée. Il convient de rappeler qu’il enseigna aux hommes la primauté du Culte divin avec l’Opus Dei, c’est-à-dire la prière liturgique. C’est ainsi qu’il cimenta cette unité spirituelle de l’Europe grâce à laquelle des peuples de langues, de races et cultures diverses prirent conscience de constituer l’insigne peuple de Dieu ; unité qui, grâce à l’effort constant de ces moines qui se mettaient à la suite d’un maître si remarquable, devint la caractéristique du Moyen Age. Cette unité, ainsi que l’affirme saint Augustin, est « le modèle de toute beauté ». Elle a malheureusement été brisée par les vicissitudes de l’histoire, et aujourd’hui tous les hommes de bonne volonté travaillent à la rétablir.

Avec le livre, ensuite, c’est-à-dire avec la culture, au moment où le patrimoine humaniste allait se perdre, saint Benoît, en donnant, à tant de monastères, renommée et autorité, a sauvé avec une sollicitude providentielle la tradition classique des Anciens en la transmettant intacte à la postérité et en restaurant le culte du savoir.

Et enfin avec la charrue, c’est-à-dire avec l’agriculture et d’autres initiatives analogues, il réussit à transformer des terres désertiques et incultes en champs très fertiles et en gracieux jardins. En unissant la prière au travail manuel, selon son mot fameux : ora et labora, il ennoblit et éleva le travail de l’homme.

C’est en ces termes que le Bienheureux pape Paul VI déclarait, le 24 Octobre 1964, « Saint Benoît, patron de l’Europe. » Les premiers mots «  Messager de paix » disent plus que jamais le programme qu’il nous faut continuer à mettre en œuvre à l’heure où l’Europe traverse la crise la plus grave depuis la signature du Traité de Rome, le 25 mars 1957.

Dans la Lettre de Justice et Paix d’Avril 2016, l’éditorial est intitulé : « Construction européenne : comment relancer la dynamique ? » L’analyse des causes du malaise actuel et la prise de conscience des défis à relever obligent qui veut être, comme St Benoît, le fut à son époque, messager de paix. L’auteur de l’éditorial conclut : « L’Union européenne ne peut être tenue pour un acquis définitif. Au fil des élargissements, les peuples qui la constituent semblent avoir perdu de vue sa finalité et les contraintes qu’elle impose, notamment en matière de solidarité. Des initiatives nouvelles sont aujourd’hui devenues indispensables pour retrouver la dynamique des premiers temps de sa fondation. » (www.justice-paix.cef.fr / n° 212 – avril 2016) Portons dans notre prière ces « initiatives nouvelles » pour qu’elles portent des fruits de paix pour tous.

En ce mois de juillet où l’Eglise fête Saint Benoît, proclamé « patron de l’Europe » nous te prions pour l’Europe des nations à la recherche d’une nouvelle dynamique d’unité. Pour que les dirigeants n’oublient pas les racines chrétiennes de l’Europe et la dimension spirituelle des aspirations qui se font jour. Pour qu’au-delà des différences légitimes, nous sachions construire un monde de paix.

A vous qui cherchez la paix en ce mois de Juin 2016
Paix ! Veillez et priez pour la paix.....

L'américaine Marie Denis, coprésidente de PAX CHRISTI, reconnaît que militer pour la paix nécessite des efforts qui demandent beaucoup d'énergie : «  Pour mener à bien ce travail, il faut trouver une communauté capable de nous soutenir par la prière : association, paroisse, famille ... » disait-elle lors de la remise du « Prix du Public pour la Paix » qu'elle a reçu le 25 Janvier 2016.

Déjà huit mois que notre cher frère Irénée nous a quitté, en nous laissant son testament spirituel : nous devons continuer de prier pour la paix car c'était son vœu le plus cher. Dans les pages 372 et suivantes de son livre  Correspondance avec Irène, il écrit : « La prière pour la paix a aussi la capacité de toucher le cœur de Dieu pour qu'il nous donne la paix comme son don suprême, (…) la paix du monde repose dans cette synergie -travail commun- entre Dieu et l'homme ».

Prier pour la paix, c'est se tourner vers l'avenir, entretenir l'espoir que la paix est possible et que les cycles de la violence et de l'injustice peuvent être brisés. Des organismes comme Pax Christi, Justice et Paix, l'ACAT, l'Apostolat de la Prière aux intentions du Pape sont soutenus par une communauté de priants travaillant main dans la main pour un monde meilleur où la violence peut être remplacée par la parole, le compromis, l'acceptation de la différence de l'autre.
Il est important de fortifier ce réseau de priants pour la paix à travers le monde afin de soutenir ceux qui agissent sur le terrain, de leur permettre d'aller jusqu'au bout de la mission que Dieu leur a confiée.
En ce mois de juin, mois du Sacré Cœur, ayons à cœur d’inviter nos proches à participer à ce l’un ou l’autre réseau de priants pour la paix.

Prions :
Seigneur, toi qui as dit que nous serions exaucés lorsque nous nous réunirions pour implorer le Père en ton nom, accorde nous la paix que nous te demandons lorsque nous sommes réunis par la prière. Soutiens l'effort des associations qui oeuvrent pour la paix et l'unité et notre désir de nous mettre à ton service pour que vienne ton Règne de paix.



A vous tous qui cherchez la paix en ce mois de mai 2016

intention de prière : l'esclavage moderne


«  Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude . L'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » article 4 de la Déclaration Universelle des Droits l'Homme.
Le dictionnaire de théologie catholique définit l'esclavage comme étant : « l'état de celui qui est considéré comme la propriété d'un autre et ne peut, par conséquent, avoir lui même aucune propriété. »
Malgré son abolition officielle, nos sociétés ont perpétué l'esclavage sous diverses formes, un fléau qui n’épargne aucun pays dans le monde. Ses principales formes en sont : l'esclavage pour dettes, le travail forcé, le mariage forcé, l'esclavage sexuel notamment la prostitution forcée, le travail des enfants, les enfants-soldats, les ateliers clandestins, la mendicité etc.


Les victimes qui se comptent par millions, sont principalement des femmes et des enfants, main d’œuvre sans voix et sans défense, poussée par la misère et l'espérance d'une vie meilleure. Une fois tombées entre les mains d'exploiteurs sans pitié, ces victimes sont l'objet de trafic et de réseaux criminels. En Europe, on doit parler de « traite des êtres humains ». Dans d'autres continents, le mariage forcé de fillettes sous prétexte de traditions est assimilable à une prostitution forcée. Dans certains pays d'Asie, poussés par la misère, des pères et mères de famille, sont conduits à contracter des emprunts que leur prêteur leur demande de rembourser en travaillant pour lui, aliénant toute une famille jusqu'au remboursement du prêt qu'elle n'arrive pas à réaliser.


Le travail forcé concerne des adultes, mais aussi des enfants privés de leur identité, soumis à des violences physiques et psychologiques, qui travaillent à la limites de leurs forces, dans des mines, des champs ou des ateliers clandestins, sans oublier les enfants-soldats. Mendicité forcée ou servitude domestique en sont les manifestations les plus répandues.


Partout où les droits de l'homme sont bafoués, la paix est menacée.


Prière: Seigneur, Toi qui as signifié ton amour pour les pauvres, les humbles et les petits, ne permets pas qu'ils soient aujourd'hui asservis par des personnes cupides pour qui la valeur humaine se résume à une valeur marchande. En ce mois consacré à la Vierge Marie, ta mère, nous attendons la venue de l'Esprit : qu'il change nos cœurs de pierre en cœur de chair pour aimer tous les hommes comme tu les aimes. Amen             


A vous tous qui cherchez la paix en ce mois d'avril 2016



Les persécutions antireligieuses dans le monde d'aujourd'hui



Beaucoup de pays ignorent la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 «  Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ... » On ne peut oublier non plus que la « Déclaration sur la Liberté religieuse » du Concile Vatican II, votée le 7 décembre 1965 est un des textes les plus novateurs sur ce sujet. Dans son n° 2, la déclaration affirme : « Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. (…) Le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l'ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même. »





On distingue les persécutions de type politico-idéologique et celles de type religieux . L'intolérance religieuse fait chaque année des dizaines de milliers de victimes, toutes confessions confondues, à travers le monde ; elles sont en augmentation depuis 2010. Les persécutions religieuses ont provoqué entre 2013 et 2015 les plus importants déplacements de populations. Les principales victimes de ces persécutions sont les chrétiens, leur religion étant considérée comme la religion de l'Occident. Par ailleurs, l’Église dérange par son anthropologie fondée sur la dignité inaliénable de toute personne ce qui la distingue radicalement d'autres cultures comme en Inde où le système des castes perdure.


Selon l'Aide à l’Église en Détresse, l'Asie est le continent le plus touché par les persécutions religieuses. La Chine mène la guerre contre le bouddhisme tibétain, les autonomistes musulmans et les églises clandestines protestantes et catholiques. En Iran la religion officielle est l'islam chiite : les chrétiens, les juifs, les zoroastriens et les musulmans sunnites bénéficient d'une reconnaissance mais sont étroitement surveillés ; quant aux bahaïs, ils sont persécutés violemment. En Inde les musulmans et les chrétiens sont persécutés, car perçus comme une menace pour l'identité du pays. Au Vietnam les religions non enregistrées sont persécutées.


Dans plusieurs pays d' Afrique qui interdisent toute religion officielle au nom de la liberté de croyance, des affrontements confessionnels se multiplient. Dans certaines régions d'Amérique du Sud, ce sont les cartels de la drogue ou la guérilla qui combattent le christianisme considéré comme contraire à leur idéologie. De ce fait des milliers de chrétiens sont déplacés. En occident, les discriminations relèvent davantage d'un climat de méfiance généralisé depuis les attentats du 11 septembre 2001 et que les derniers attentats ne font qu'amplifier. Tout ce climat de violence appelle plus que jamais notre engagement dans la prière pour qu'advienne la paix !




Prions : Seigneur Jésus, tu nous donnes des frères et des sœurs avec qui partager notre foi et la célébrer en église, tout en respectant celles et ceux qui ne la partagent pas. Aide nous à construire la paix entre les États et les peuples afin que nul ne puisse être persécuté en raison de ses convictions religieuses.



A vous tous qui cherchez la paix, en ce mois de mars 2016

Le droit de mourir dans la paix


Pâques, célébrée le 27 mars, fête la résurrection du Christ, la fête des fêtes qui est victoire définitive de la vie sur la mort. Nous le croyons :

Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. (Sagesse 1, 13. 2, 23)

Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance:tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. (Psaume 15, 9-10)

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, Jésus vint, et il était là au milieu des disciples. Il leur dit : la paix soit avec vous. (Jn 20, 19-20)

Ce Jésus, Dieu l'a ressuscité, tous nous en sommes témoins. (Ac 2, 32)

Si la mort reste un grand mystère, les conditions du « bien mourir » n'ont cessé d'interroger les hommes et particulièrement le monde médical et les diverses croyances. En France, le 28 janvier dernier, la proposition de loi Claeys-Leonetti a été adoptée par les parlementaires. Une loi pour encadrer les conditions du « bien mourir ». Dès l'adoption de cette loi, les membres du groupe de travail sur la fin de vie, groupe composé de deux évêques, trois médecins de soins palliatifs et deux théologiens spécialistes d'éthique biomédicale, ont signé une tribune. De cette tribune, il est bon de connaître quelques éléments qui soulignent le positif de la loi.

1.   Les parlementaires ont heureusement écarté l'idée qu'une vie pouvait être inutile ; oui, chaque personne est digne du plus grand respect jusqu'au terme de sa vie.

2.   Pendant le débat législatif, une demande massive a été entendue : que soient développés l'accès et la formation aux soins palliatifs. Tout cela lutte contre le « mal mourir » qui subsiste par endroit.

3.   La loi donne des droits aux patients afin de respecter leur autonomie, or celle-ci s'inscrit toujours dans une relation.

4.   Dans chaque situation, l'art médical cherche à procurer le meilleur apaisement possible de la souffrance. Nourri par un vrai dialogue entre professionnels de santé, patients et proches, cet art permet de s'ajuster aux situations les plus délicates. Cet art est celui de l'accompagnement.

5.   Face à l'opacité de la mort et à son énigme, la conscience cherche au plus profond d'elle même, et avec l'aide d'autrui, la lumière qui l'habite pour trouver réconfort et paix.

6.   La culture palliative est « un élément essentiel des soins de santé. »


Prière : Seigneur, nous te confions les équipes de soins palliatifs et toutes les personnes qui accompagnent leurs proches en fin de vie. Sainte Marie, debout au pied de la Croix de Jésus, nous confions à votre cœur de mère, les personnes malades, celles qui sont en fin de vie, celles que la fatigue et le désespoir découragent, affermissez-nous au service de nos frères à l'heure de la souffrance et à l'heure de la mort "           AMEN




FÉVRIER 2016 : GAGNER SUR L'INDIFFÉRENCE ET   REMPORTER LA PAIX


Dans son message pour le 1er Janvier 2016, journée mondiale de prière pour la paix, le Pape François a exhorté les disciples du Christ à gagner sur l'indifférence pour remporter la paix. Dieu n’est pas indifférent ! Dieu accorde de l’importance à l’humanité, Dieu ne l’abandonne pas ! Chacun de nous, engagé fermement et avec confiance, ne doit pas perdre l’espérance de voir progresser justice et paix en cette année nouvelle. La paix est don de Dieu, don confié à tous et à chacun. Reprendre quelques propos de ce beau texte nous introduit dans le Carême !
Après les douloureux événements qui ont marqué l’année 2015, sachons garder l’espérance dans la capacité de l’homme, avec la grâce de Dieu, à vaincre le mal et à ne pas s’abandonner à la résignation et à l’indifférence.
Sous quelles formes peut se présenter l’indifférence ?
L’indifférent ferme son cœur pour ne pas prendre en considération les autres, ferme ses yeux pour ne pas voir ce qui l’entoure ou s’esquive pour ne pas être touché par les problèmes des autres. De nos jours, nous constatons un phénomène de « globalisation de l’indifférence ».
* La première forme d’indifférence dans la société humaine est l’indifférence envers Dieu, dont procède l’indifférence envers le prochain et envers la création.
* L’augmentation des informations, propre à notre époque, n’entraîne pas davantage d’attention aux problèmes, s’il n’y a pas ouverture des consciences dans un sens solidaire.
* L’indifférence se manifeste encore comme un manque d’attention vis-à-vis de la réalité environnante, surtout la plus lointaine.
* L’indifférence enfin s'exprime vis-à-vis de l’environnement naturel : déforestation,  pollution,  catastrophes naturelles déracinant des communautés entières de leur milieu de vie, les contraignant à la précarité et à l’insécurité, voire à l’immigration créant de nouvelles pauvretés, de nouvelles situations d’injustice aux conséquences souvent néfastes en termes de sécurité et de paix sociale. 
La paix peut être menacée par l’indifférence globalisée !
L’indifférence envers Dieu dépasse la sphère intime et spirituelle de la personne individuelle, et elle investit la sphère publique et sociale. L’indifférence envers le prochain peut conduire à des conflits, ou en tout cas, générer un climat d’insatisfaction qui risque de déboucher tôt ou tard sur des violences et de l’insécurité. Souvent, en effet, les projets économiques et politiques des hommes ont pour fin la conquête ou le maintien du pouvoir et des richesses, sans tenir compte des droits et des exigences fondamentales des autres. Quand les populations voient leurs propres droits élémentaires niés, comme la nourriture, l’eau, l’assistance sanitaire ou le travail, elles sont tentées de se les procurer par la force. La paix est alors compromise.

Le 10 février, toute l’Église entrera dans le temps de Carême. Sachons combattre notre indifférence afin  d’ouvrir notre cœur à la miséricorde qui est le cœur de Dieu.  Là où l’Église est présente, la miséricorde du Père doit être manifestée. 

Prions pour que l'Esprit de Dieu mette au cœur de chacun la compassion pour  « transmettre une culture de solidarité et de miséricorde pour vaincre l’indifférence. »
« Le jeûne qui me plaît, n'est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N'est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? »  
(Isaïe 58, 6-7 / lecture de la messe du 12 février, vendredi après les Cendres) 

 JANVIER 2016: PRIER POUR LA PAIX AVEC NOS FRÉRES JUIFS


Pas de doute : Joseph le juste, Marie la comblée de grâce et Jésus né à Bethléem de Judée, sont juifs. Ils appartiennent au peuple d'Israël, peuple élu à qui a été confié la Promesse dans une Alliance scellée avec Abraham et sans cesse invoquée dans l'histoire d'Israël. Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables affirme St Paul dans la Lettre aux Romains. (Rom 11, 29)

Les vingt siècles de christianisme depuis « l'événement Jésus » ont été marqués par beaucoup d'incompréhension, d'ignorance et aussi de mépris dans la relation de l’Église catholique avec le judaïsme. A l'occasion du 50ème anniversaire de la Déclaration conciliaire Nostra Aetate, la Commission pontificale pour les rapports religieux avec le judaïsme, a publié le 10 décembre dernier un document de la toute première importance, insistant notamment sur la lutte contre l'antisémitisme facteur de violence. En invoquant les racines juives du christianisme, le document rappelle que : « les deux traditions de foi sont appelées à exercer ensemble une vigilance incessante, tout en étant attentives aussi aux questions sociales. Au nom des solides liens d'amitié entre juifs et catholiques, l’Église catholique se sent tenue de faire avec ses amis juifs tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les tendances antisémites. » 

Du point de vue théologique, le document reconnaît « une seule histoire de l'alliance de Dieu avec les hommes ; par conséquent Israël est le peuple élu et aimé de Dieu, le peuple de l'alliance jamais abrogée ni révoquée. » « La foi des juifs attestée dans la Bible n'est pas pour les chrétiens une autre religion mais le fondement de leur propre foi. » La conséquence de ces affirmations avait déjà été soulignée par Jean Paul II en 1980 : « La première dimension du dialogue (entre juifs et catholiques), à savoir la rencontre entre le peuple de Dieu de l'Ancien Testament, jamais révoquée par Dieu, et celle du Nouveau Testament, est en même temps un dialogue interne à notre Église, pour ainsi dire entre la première et la deuxième partie de sa Bible ».
Le rabbin David Rosen a qualifié les positions explicitées dans ce nouveau document de « changement révolutionnaire dans l'approche catholique envers les juifs et le judaïsme. » Sa mise en œuvre très concrète est que « les chrétiens peuvent apprendre beaucoup de l'exégèse juive pratiquée depuis 2000 ans. »  

Du point de vue éthique, le document indique « l'engagement pour la justice et la paix dans le monde, la préservation de la création et la réconciliation ; la paix en Terre Sainte -qui fait défaut et pour laquelle nous prions constamment- joue un rôle de premier plan dans le dialogue entre juifs et chrétiens. » Là encore, le texte de 2015 rappelle des paroles de Jean-Paul II, à Mayence en 1980: « Juifs et chrétiens, les uns et les autres fils d'Abraham, sont appelés à être une bénédiction pour le monde, dans la mesure où ils s'engagent ensemble pour la paix et la justice de tous les hommes, et où ils le font en plénitude et en profondeur, comme Dieu lui-même l'a pensé pour nous, et avec la disponibilité au sacrifice que ce noble projet peut exiger. » 

(pour accéder au texte complet de la déclaration : www.paxchristi.cef.fr)

Prière de Saint Paul quand il fait mémoire de son peuple (Rom 11, 33-36) :

Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu !
Que ses jugements sont insondables et ses vues impénétrables ! 
Qui a connu la pensée du Seigneur ?
Car tout est de lui, et par lui, et pour lui.
A lui la gloire pour l'éternité ! A M E N


Pour vous dire nos meilleurs vœux pour l'année nouvelle, l'équipe de rédaction reprend ceux du Pape François dans son message pour le 1er Janvier 2016, journée mondiale de prière pour la paix :

Je confie ces réflexions, ainsi que mes meilleurs vœux pour la nouvelle année, à l'intercession de Marie, la Très Sainte, Mère attentive aux besoins de l'humanité, afin qu'elle obtienne de son Fils Jésus, Prince de la Paix, d’exaucer nos supplications et de bénir notre engagement quotidien pour un monde fraternel et solidaire.
                    Pape François




DÉCEMBRE 2015 : PRIER POUR LA TERRE

A vous tous qui cherchez la paix

Après les événements qui ont endeuillé la France le mois dernier l'interpellation retentit avec plus de force : comment faire advenir la paix entre les peuples ? Juste avant la Toussaint, s'est réunie à Castel Gandolfo, l'Assemblée européenne de Religions for Peace à laquelle ont participé juifs, chrétiens et musulmans. Leur sujet de réflexion « s'accueillir les uns les autres : de la peur à la confiance ». Dans un message de bienvenue, le Cardinal Tauran rappelait que « la véritable mission de la religion est la paix parce que la religion et la paix vont de pair ». Oui, comment pouvons-nous transformer la peur en confiance, la discrimination en respect, l'inimitié en amitié, une culture du jetable en une culture bienveillante et la confrontation en dialogue ? Voilà bien les questions à porter dans notre prière.

L'événement COP21 « 21ème conférence des parties signataires de la Convention Climat des Nations Unies » revêt une importance capitale pour notre avenir commun. Parmi les quatre enjeux soulignés par Justice et Paix, enjeu pratique, enjeu responsable, enjeu solidaire, prêtons attention au quatrième enjeu qui est spirituel et nous engage dans la prière.
« Le quatrième enjeu est d'ordre spirituel et moral car la crise climatique relève d'un tel défi. Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants dit un proverbe africain cité en 1939 par Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des Hommes. La voix des autorités religieuses est considérée en ce sens comme une alliée importante dans la perspective d'une réussite du sommet climatique. Il n'est pas anodin en France, pays à laïcité revendiquée, de préparer un événement international avec la contribution des voix des religions et des spiritualités. En tant que ces voix portent le sens d'un bien commun pour l'humanité. » (La Lettre de Justice et Paix, n° 206, octobre 2015 / http://www.justice-paix.cef.fr)

La réussite ou l'échec de COP21 aura un impact direct sur l'avènement ou le recul de la paix entre les peuples, pensons notamment au déséquilibre démographique provoqué par les migrations climatiques. Il est en ce sens significatif qu'ait été lancé à Rome le 26 octobre dernier un appel signé des Cardinaux, des Patriarches et des Évêques du monde entier représentant les cinq continents. Dans la continuité de l'Encyclique Laudato Si' ces pasteurs réaffirment que le climat est un bien commun de toute l'humanité, que l'environnement est un bien collectif sous la responsabilité de tous. Les pauvres, premières victimes du changement climatique, doivent être associés au développement durable. L'appel de Rome se décline en dix appels précis que vous pouvez trouver en suivant le lien suivant  http://zenit.org/fr/articles/cop21-appel-inedit Paul VI déclarait en 1967 : « le développement est le nouveau nom de la paix. » 
Prions pour que grandisse notre conscience écologique, elle conduira à la paix.

Prière pour la terre qui conclut l'appel de Rome : 
Dieu d'amour, enseigne-nous à prendre soin de notre maison commune.
Inspire nos chefs de gouvernement au moment de leur réunion pour :
qu'ils entendent le cri de la terre et le cri des pauvres
qu'ils soient unis de cœur et d'esprit en répondant avec courage
en cherchant le bien commun et la protection de ce jardin que Tu as créé pour nous, pour nos frères et sœurs, et pour les générations à venir. A M E N


OCTOBRE 2015 : L’ONU, 70 ANS ASSURANT LA PAIX ENTRE LES NATIONS !

Paix à vous tous qui cherchez la paix :

Le 24 octobre 1945, cinquante et un pays du monde ont signés la Charte des Nations Unies et ont créé l’Organisation des Nations Unies, pour assurer un nouvel ordre international, fondé sur la paix et la non-violence, après le carnage de la seconde guerre mondiale, de l’Holocauste et de la bombe atomique. Soixante-dix ans après, nous sommes invités à prier Dieu, pour rendre grâce pour tout ce que cette organisation a fait et pour Lui demander son inspiration à l’égard de son avenir. 
Actuellement, l'ONU compte 193 États membres et s'efforce d’accomplir ses objectifs : maintenir la paix et la sécurité dans le monde ; développer les relations amicales entre les nations ; réaliser la coopération internationale, en encourageant le respect des droits de l'Homme ; être un centre où s'harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs. L'organisation dispose de plusieurs instances fonctionnant autour de l'Assemblée Générale ; le Conseil de Sécurité, le Conseil Economique et Social, les cours de justice et des agences spécialisées. D'autres organes sont chargés de diverses questions et forment ensemble le système des Nations Unies. Les résolutions de tous ces organismes donnent une légitimité aux interventions des États et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international, par la signature de traités ou conventions internationales entre les nations.
Aujourd’hui, on parle d’une réforme du système des Nations Unies, dans la recherche d’une revitalisation de son fonctionnement, plus démocrate et plus agile dans son action de consolidation de la paix. Le philosophe allemand Jürgen Habermas (1929-) synthétise en trois points cette proposition de réforme : l’installation d’un parlement mondial, l’élargissement de sa structure juridique et la réorganisation du Conseil de Sécurité. Le premier point, l’installation d’un parlement mondial, facilitera la représentation des peuples, par la totalité des citoyens du monde, pas par leur gouvernement, mais par leurs représentants élus. A l’égard du deuxième point, l’élargissement de la structure juridique, il s’agit de donner du pouvoir effectif à la Cour Internationale de Justice, à la Haye, et à la Cour Pénale Internationale, à Rome ; la première pour juger les différends entre les nations, la seconde pour juger les conflits entre nations et citoyens. La réorganisation du Conseil de Sécurité impliquerait l’extinction des membres permanents, détenteurs du pouvoir de véto (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France), et la constitution d’un organe capable d’agir avec une autonomie politique ! 
Afin que l’ONU puisse jouer un rôle effectif dans la construction d’un monde de paix, prions le Seigneur, avec les paroles du prophète Isaïe (Is 26,1-4.7-9.12) :
« Nous avons une ville forte !  Le Seigneur a mis pour sauvegarde muraille et avant-mur. Ouvrez les portes ! Elle entrera, la nation juste, qui se garde fidèle. Immuable en ton dessein, tu préserves la paix, la paix de qui s’appuie sur toi. Prenez appui sur le Seigneur, à jamais, sur lui, le Seigneur, le Roc éternel. (…) Il est droit, le chemin du juste ; toi qui es droit, tu aplanis le sentier du juste. Oui, sur le chemin de tes jugements, Seigneur, nous t’espérons. Dire ton nom, faire mémoire de toi, c’est le désir de l’âme. Mon âme, la nuit, te désire, et mon esprit, au fond de moi, te guette dès l’aurore. Quand s’exercent tes jugements sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice. (…) Seigneur, tu nous assures la paix : dans toutes nos œuvres, toi-même agis pour nous » !

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 29 septembre 2015.



SEPTEMBRE 2015 : PARTENARIATS POUR LA PAIX, LA DIGNITE POUR TOUS !

Paix à vous tous qui cherchez la paix :

Depuis 1981, l’ONU a proposé la célébration annuelle d’une journée internationale de la paix. En 2001, l’Assemblée Générale de cette institution a établi le 21 septembre comme la date de cette journée annuelle de non-violence et de cessez-le-feu. Je vous invite à soutenir cette initiative par notre prière, afin que la Journée Mondiale de la Paix 2015 soit commémorée dignement par tous les peuples et nations !
On célèbre cette année le soixante-dixième anniversaire de l’Organisation des Nations Unies, par l’adoption d’un nouveau programme mondial de développement durable et par une action conjointe face aux changements climatiques. Pour cette raison, le thème choisi pour cette année est : « Partenariats pour la paix – Dignité pour tous ». Ainsi, on veut montrer l’importance d’un travail commun pour la paix, assumé par toutes les sphères de la société : les gouvernements, la société civile, le secteur privé, les groupes confessionnels et d’autres organisations non-gouvernementales. Sans cette coopération réciproque, la paix resterait un idéal inatteignable ! On ne réussira pas à baisser les armes et à aller de l’avant, sans ce partenariat ! Pour cela, il faudra, d’abord, renouveler notre compréhension de paix, assez individualiste et subjective. Dans la Grèce antique, la déesse de la paix était aussi la gardienne et la protectrice des cités grecques. Mais, au long des siècles, nous avons perdu cette dimension politique de la paix. La philosophie stoïcienne de la paix a fini par imposer dans notre culture une compréhension de la paix fortement réduite à la tranquillité et à la sérénité de l’âme. Quelques expressions de notre vocabulaire quotidien, comme, par exemple, l’expression « laisse-moi en paix », montrent bien cette compréhension individualiste et solipsiste de la paix. Il faut récupérer le sens intersubjectif originel de la notion de paix : étymologiquement, le mot latin « pax » vient de « pangere », qui signifie établir un pacte et aboutir à un accord. La paix cesse d’être un attribut individuel – « je suis en paix » ou « j’ai la paix » –, pour décrire une relation entre personnes. La paix n’est pas une construction isolée, mais l’œuvre d’un collectif et d’une communauté ; elle n’est pas aussi responsabilité seulement des gouvernements ou de l’ONU, mais œuvre et tâche de nos mains !
Pour que  cette proposition des Nations Unies soit accueillie par tous les pays et tous les peuples, que les hostilités soient arrêtées et que des mesures éducatives et de sensibilisation du public aux questions liées à la paix soient mises en œuvre, prions le Seigneur, avec les paroles mêmes de la Constitution de l’UNESCO : 
Seigneur, Dieu de la Paix, tu nous as inspiré à comprendre que « de même que les guerres prennent naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Tu nous as fait comprendre aussi que pour « connaître une adhésion unanime, durable et sincère des peuples, la paix doit être établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l'humanité ». Donne-nous la grâce de célébrer cette Journée Internationale de la Paix de 2015, avec intensité et profondeur, de façon que les peuples du monde entier réaffirment leur volonté de vivre en harmonie au sein de la grande famille humaine. Fait-nous découvrir la grâce et la responsabilité de vivre comme « partenaires de la paix », afin de permettre l’avènement d’un monde qui serait gage de prospérité et de dignité pour tous. Ainsi, l’œuvre de tes mains, renouvelée par ton Esprit, célèbrera la louange de ton nom ! Amen !
Avec toute mon amitié,
Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 20 août 2015.




AOUT 2015 : LES PARCS POUR LA PAIX, DES NOUVELLES FAÇONS D’ETABLIR LES FRONTIERES !

Paix à vous tous qui cherchez la paix !

Si des murs et des barrières sont bâtis pour bien démarquer les frontières entre les pays, tels le mur qui sépare les palestiniens des juifs, les mexicains des américains, ou celui qui séparait la ville de Berlin, d’autres pays essayent de nouvelles façons d’établir des frontières : c’est la proposition des aires protégées transfrontalières pour la paix, connues aussi comme les parcs pour la paix. 
Le Parc du Glacier Waterton a été le premier parc pour la paix, créé en 1932, entre les États-Unis et le Canada. Le projet a reçu un nouvel essor avec la création de l’Union Mondiale pour la Nature et la Fondation des Parcs pour la Paix, en 1997, laquelle se charge de leur promotion : elle a recensé 169 parcs pour la paix potentiels dans 113 nations. Seulement en Afrique du Sud existent six de ces parcs, dont le plus important est le Great Limpopo Park, fondé en 1997, entre la frontière de l’Afrique du Sud et le Mozambique ; 16 nouveaux parcs sont encore envisagés ! Au Guatemala, à Laj Chimel, théatre d’une terrible guerre civile il y a vingt ans, on est en train d’installer

un parc pour la paix, afin de préserver la forêt et d’établir un centre de réconciliation. Le Parc de la Amistad, unissant le Costa-Rica au Panama, est devenu le symbole des deux pays qui ont aboli leurs armées ! La frontière entre l’Equateur et le Pérou, cause d’une guerre entre ces deux pays, en 1995, a été transformé en un parc écologique binational ! L’Archipel des Galapagos en Équateur, le Grand Canyon du Colorado, la Grande Barrière de Corail de l’Australie et les volcans de la Cordillère centrale du Costa Rica sont des exemples d’autres parcs pour la paix. Des écologistes Jordaniens et Israéliens rêvent de transformer un îlot jouxtant le Jourdain en parc de la paix. En 2001, Nelson Mandela a proposé que les deux Corées construisent un parc pour la paix à l’intérieur de la zone démilitarisée pour que la paix s’enracine dans l’ultime frontière de ce conflit. Les parcs pour la paix encouragent la paix et la coopération internationale entre les pays en créant une zone protégée au niveau de leurs frontières. Ils renforcent la protection de l’environnement et permettent des échanges plus efficaces d’informations et de recherches. Ils présentent aussi des avantages économiques par le tourisme et par la compréhension des conflits que la zone a traversés. Ils permettent de mieux maîtriser de nombreux problèmes transfrontaliers, tels l’exploitation illégale du bois, les incendies, le braconnage et la contrebande. En bref, il s’agit de démilitariser ces zones transfrontalières, en les transformant en des authentiques laboratoires de coopération pour le développement et la paix. Pour Nelson Mandela, patron d’honneur de la Fondation des Parcs pour la Paix, « aucun mouvement politique, aucune philosophie, aucune idéologie n’est en désaccord avec le concept des parcs pour la paix que nous voyons se concrétiser aujourd’hui. C’est un concept que chacun peut adopter. »  
Pour que cette proposition puisse générer beaucoup de fruits de paix pour tout le monde, prions le Seigneur : 
Seigneur, notre Père, Tu as créé le monde comme un grand jardin afin que l’humanité puisse vivre en harmonie et en concorde. Le péché, pourtant, a créé la haine, les frontières et les divisions. Ton Fils Jésus-Christ est venu apporter la paix pour tous, en abolissant les murs qui séparent les peuples et en rassemblant tes enfants dispersés de par le monde entier. Béni la proposition de parcs pour la paix : qu’ils puissent être source de bénéfices, par-delà leurs frontières dessinées sur la carte, par-delà les frontières des États nations, par-delà les cultures, les genres et les générations. 

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 30 juillet 2015.




JUILLET 2015 : LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX, SIGNE ET CONDITION DE PAIX SUR LA TERRE !

Paix à vous tous qui cherchez la paix :

Nous célébrons cette année le cinquantenaire de la déclaration « Nostra Aetate », par laquelle le Concile Vatican II exprimait l’importance du dialogue avec les religions non chrétiennes : « À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée » (Notra Aetate, 1). Cinquante ans passés, ces paroles gardent une étonnante actualité et nous invitent à prier Dieu pour qu’Il bénisse ces efforts ! 
Notre société actuelle est caractérisée par un tel pluralisme, que chrétiens, bouddhistes, islamistes ou juifs se rencontrent souvent dans d’autres domaines, comme l’économie et la politique, les convictions religieuses sont toujours présentes, même si on ne les explicite pas ! Un mode d’existence où chaque groupe religieux n’avait que peu, voire aucune communication avec d’autres groupes, n’est plus possible ! En plus, nous sommes en face de graves problèmes mondiaux qui dépassent les frontières religieuses, comme la menace de la vie, la préservation de la planète, la guerre, le terrorisme, etc. De plus en plus, augmente la considération de l’unité de la communauté humaine, c’est-à-dire, les liens qui rassemblent les croyants du monde entier par le simple fait d’appartenir à la même communauté de vie. Avant de confesser une ou certaine religion, les croyants sont des hommes et des femmes égaux dans la même dignité et dans les mêmes droits et donc coresponsables de l’avenir de l’humanité. Comme l’a bien exprimé Amadou Hampâté Bâ (1900-1991), écrivain et historien africain : « Face aux périls du temps, les croyants des diverses religions ne peuvent plus s'offrir le luxe mortel de se dresser les uns contre les autres en de vaines polémiques, en de vaines querelles. Le temps n'est plus aux conversions systématiques, de part et d'autre, mais à la convergence » (Jésus vu par un musulman. Abidjan : EDICEF, 1995, p. 49).
Le dialogue et la coopération entre des groupes religieux divers peuvent apporter des contributions significatives pour la paix du monde. Si un groupe religieux garde déjà des valeurs et des pratiques qui aident la société à marcher vers « un plus » de justice et de paix, combien plus ils peuvent faire s’ils s’associent ! Pour cette raison, le théologien suisse Hans Küng (1928-) affirme que la paix entre les religions est une condition nécessaire à la paix mondiale. Il formule sa proposition de la manière suivante : «   » (In : http://classic.weltethos.org/dat_fra/indx_1fr.htm). 
Reprenons, comme notre prière, ce qu’a dit Saint Cyprien, évêque de Carthage au 3ème siècle (~200-258) : 
« Dieu n’accepte pas le sacrifice des fauteurs de désunion, il les renvoie de l’autel pour que d’abord ils se réconcilient avec leurs frères : Dieu veut être pacifié avec des prières de paix. La plus belle oblation pour Dieu est notre paix, notre concorde, l’unité dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit de tout le peuple fidèle » (Sur la prière du Seigneur, 23).

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 1er juillet 2015.


JUIN 2015 : PAS DE PAIX POUR LE MONDE, SANS LE RESPECT AUX MIGRANTS !
Paix à vous tous qui cherchez la paix :
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 L’odyssée et le drame des migrants qui, dans les dernières semaines, essaient de franchir les frontières et conquérir l’Europe, en recherche d’une vie plus digne, nous font demander à Dieu qu’Il puisse éclairer nos consciences afin de trouver une réponse juste à cette situation. Elle devient plus dramatique encore si confrontée à l’indifférence et à l’inertie des gouvernements, parfois même de certaines parties de la population.
Qui sont ces migrants qui mendient l’asile à nos portes, en demandant la dignité humaine comme une sorte d’aumône et de charité ? Nombreuses sont les raisons de ces courants migratoires. D’abord, il y a les réfugiés des guerres, qui quittent leur pays, en recherche de sécurité, afin d’assurer une tranquillité de vie pour leur famille. Ensuite, il y a ceux qui fuient la pauvreté de leur pays, en cherchant une réponse à leurs besoins vitaux d’alimentation, de travail, de logement, d’éducation, de santé etc. Il y a aussi les réfugiés politiques, qui laissent leur pays à cause de la dictature, du manque de démocratie et de la violation des droits de l’homme. Il y a également ceux que nous pouvons appeler des migrants écologiques, qui laissent leur terre suite aux catastrophes naturelles, comme la sécheresse, les inondations, les tremblements de terre etc. La majorité des migrants sont des minorités - raciales, culturelles, religieuses ou autres -, persécutées dans leur pays d’origine. Telle la fièvre qui est signe d’une maladie corporelle, ces migrants sont le signe que quelque-chose ne va pas dans notre monde globalisé et matérialisé. D’abord, s’ils existent, c’est parce que nous les avons produits ! Nous nous sommes appropriés des matières premières et des richesses de leurs pays, nous avons exploité leur population comme main d’œuvre à bon marché, nous avons vendu des armements pour leurs guerres, nous avons soutenu des dictatures et des gouvernements non démocratiques, nous ne sommes pas intervenus quand il le fallait et nous sommes intervenus quand il ne fallait pas ! Ce que nous n’avons pas compris c’est le fait que le développement et la paix sont des réalités globales : ou le développement et la paix viennent pour tous, ou ils ne viennent pour personne ! Ce n’est pas possible avoir la prospérité pour une infime partie de la population mondiale, pendant que la plupart de l’humanité franchit le seuil de la pauvreté et de la misère. La question des migrants ne peut pas être réduite à un simple problème mathématique - combien de migrants pouvons-nous accueillir ? combien de pays doivent être responsabilisés ?, etc. -, mais comme une grande question éthique qui exige une transformation de paradigme de notre société, en traitant les causes plutôt que les symptômes !

Pour que nous puissions trouver une solution pérenne et solide à ce problème, en passant d’une culture du déchet et de rejet à une culture de l’accueil et de l’inclusion, prions le Seigneur :

Seigneur, notre Dieu, tu es un Dieu des migrants ! Tu as béni le patriarche Abraham, migrant de sa patrie vers une terre où tu le conduisais ! Tu as béni ton peuple Israël, migrant de l’Egypte vers une terre promise, terre où coulent le lait et le miel ! Tu as donné à ton peuple le commandement d’accueillir l’étranger ! Tu as béni dans ton Fils Jésus, pèlerin de la Galilée et prophète de la bonne nouvelle, tes nouveaux enfants, ceux de la nouvelle alliance, migrants de ce monde vers la terre et le ciel nouveau ! Ainsi, nous te supplions de bénir les migrants d’aujourd’hui et de transformer leur souffrance en joie et bonheur ! Béni aussi notre société, en transformant nos pratiques d’exclusion et de marginalisation, en pratiques de partage et d’accueil ! Amen.

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 30 mai 2015.



EN MAI 2015 : SI TU VEUX LA PAIX, FINI LA PEINE DE MORT !


A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

Nous sommes invités à associer notre prière aux efforts de tous ceux qui travaillent pour l’abolition de la peine de mort. Si les droits de l’homme sont le fondement d’une société de paix, et si la peine de mort constitue une grave violation de ces droits, il n’y aura pas de paix sans la suppression de cette peine !
Parmi 197 pays du monde 97 prévoient la peine de mort, dont 22 pays l’ont appliquée en 2013 : Chine (plusieurs milliers), Iran (au moins 369), Irak (au moins 169), Arabie Saoudite (au moins 79), États-Unis (39), Somalie (au moins 34), Soudan (au moins 21), Yémen (au moins 13), Japon (8), Viêt-Nam (7), Taïwan (6), Indonésie (5), Koweït (5), Soudan du Sud (au moins 4), Nigéria (4), Autorité Palestinienne (au moins 3), Afghanistan (2), Bangladesh (2), Malaisie (2), Botswana (1), Inde (1), Corée du Nord (indéterminé). Nombreuses sont les raisons pour abolir cette peine cruelle, inhumaine et dégradante : le mépris du droit fondamental à la vie ; son caractère irréversible et les erreurs judiciaires qui peuvent être commises ; le fait que la criminalité ne diminue pas dans les pays où les exécutions sont courantes ; la possibilité de l’utiliser comme un outil politique ; l’existence des systèmes juridiques iniques et discriminatoires. Le mouvement contre la peine de mort propose la cessation immédiate de  toutes les exécutions ; la suppression de cette peine dans le code pénal des pays qui ne procèdent déjà plus à des exécutions ; et la commutation en peines d’emprisonnement de toutes les peines capitales déjà prononcées.
Le Pape François, à plusieurs occasions, a exprimé et synthétisé la doctrine de l’Eglise à cet égard : « De nos jours, la peine de mort est inadmissible, quelle que soit la gravité du délit du condamné. C’est une offense à l’inviolabilité de la vie et à la dignité de la personne humaine qui contredit le dessein de Dieu sur l’homme et sur la société, ainsi que sur la justice miséricordieuse, et empêche de se conformer à n’importe quelle finalité juste des peines. Cela ne rend pas justice aux victimes mais fomente la vengeance. Pour un Etat de droit, la peine de mort représente un échec, parce qu’elle l’oblige à tuer au nom de la justice. (…) On n’atteindra jamais la justice en tuant un être humain. (…) La peine de mort implique la négation de l’amour envers les ennemis, prêché dans l’Evangile. Tous les chrétiens et les hommes de bonne volonté sont donc aujourd’hui appelés à lutter non seulement pour l’abolition de la peine de mort, qu’elle soit légale ou illégale et sous toutes ses formes, mais également dans le but d’améliorer les conditions carcérales, dans le respect de la dignité humaine des personnes privées de la liberté » (http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/letters/2015/documents/papa-francesco_20150320_lettera-pena-morte.html).   
Avec les mots même du Pape François, prions le Seigneur :
Seigneur, notre Dieu, ton Fils Jésus a été capturé et condamné injustement à mort. De cette façon, il s’identifie à tous les détenus, coupables ou non. Lui, qui face à la femme adultère ne s’interrogea pas sur sa culpabilité, mais invita les accusateurs à examiner leur propre conscience avant de la lapider (cf. Jn 8, 1-11), accorde à toute l’humanité le don de la sagesse, afin que les initiatives pour l’abolition de la peine de mort soient opportunes et fécondes. Que tout homme et toute femme soient témoins de ta miséricorde et de ta tendresse. Amen.

                                                 Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 30 avril 2015.






AVRIL 2015 : « PAX CHRISTI », 70 ANS AU SERVICE DE LA PROMOTION DE LA PAIX !



A vous tous qui cherchez la paix :

Paix !




Dans ce moment où beaucoup se sentent touchés par diverses formes de violence, il est important de prendre conscience de l’existence d’une multitude de personnes et d’organisations qui œuvrent pour la paix, la non-violence et les droits de l’homme. En cette année 2015, nous célébrons les 70 ans d’une de ces organisations : « Pax Christi », mouvement catholique pour la paix.

« Pax Christi » est né dans le contexte de la fin de la deuxième guerre, quand plusieurs personnes prenaient conscience que la paix serait véritablement consolidée par une transformation des mentalités, dans ce cas précis, la réconciliation entre la France et l’Allemagne, en faisant de ceux qui étaient ennemis, des frères et des partenaires pour la construction d’une Europe de paix. En 1945, l’institutrice française Marthe Dortel-Claudot (1907-2002) et Mgr. Pierre-Marie Théas (1894-1977) ont fondé la « Croisade pour la réconciliation des nations, Pax Christi in Regno Christi ». Le mouvement a eu un grand retentissement, de sorte, qu’en 195O, il se transformait en « Mouvement Catholique International pour la Paix, Pax Christi ». Depuis cela, il a réalisé plusieurs initiatives afin de concrétiser toutes les dimensions de l’engagement  pour la paix. Dans les années 195O, il a organisé des rencontres internationales de jeunes afin de créer des moments d’échange. Pendant la période de la guerre froide et de la décolonisation, il est beaucoup intervenu pour le désarmement et la non-violence, le développement des peuples et le combat contre la faim et la pauvreté. Dans les années 1980, il a montré les liens entre l’engagement pour la paix et la sauvegarde de la planète, en plaidant pour de nouveaux styles de vie. Toutes ces initiatives peuvent être synthétisées par des mots commençant par la lettre « D » : Désarmement, Développement, Défense de la création, Droit de l’homme, Dialogue pour faire vivre les Institutions internationales, Dialogue interreligieux. Le mouvement a été très inspiré par le témoignage de l’abbé allemand Franz Stock (1904-1948), qui a beaucoup œuvré pour la réconciliation franco-allemande.  L’organisation a contribué à la naissance de générations de chrétiens très engagés pour la paix, la non-violence et la réconciliation. Parmi eux, le père Bernard Lalande (1910-1998), assistant spirituel du mouvement pendant de longues années, qui a beaucoup contribué à l’élaboration et à la diffusion d’une « théologie de la paix ».  Aujourd’hui, « Pax Christi » est présent dans plus de 50 pays sur les cinq continents. En 1979, Il a reçu le statut de consultant auprès de l’ONU et a été lauréat, en 1983, du Prix de l’Education pour la Paix de l’UNESCO.


Afin que ce travail puisse continuer à donner beaucoup de fruits, prions le Seigneur :

Seigneur, notre Dieu, Tu as envoyé ton Fils Jésus Christ pour nous guider sur les chemins de la paix (Lc 1,79). Il a proclamé bienheureux les artisans de la paix (Mt 5,9). D’auprès de Toi, il a envoyé l’Esprit qui réconcilie. Ce même Esprit a suscité, dans notre siècle, le mouvement « Pax Christi », pour aider les communautés chrétiennes à se souvenir que l’engagement pour la paix est une composante essentielle de la vie chrétienne. Nous te rendons grâce pour tout ce que ce mouvement a fait, en témoignant de la paix du Christ dans un monde de violence et de guerre. Nous te demandons qu’il puisse avoir toujours de la vitalité et du dynamisme, afin que la paix du Christ puisse régner pleinement parmi nous ! Amen.


Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães


Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France


 


 


MARS 2015 : POUR LA PAIX, CONTRE LE TERRORISME !



A vous tous qui cherchez la paix :


Paix !


Les attentats terroristes en France, en janvier 2015, nous invitent à prier avec ferveur pour que le terrorisme soit arrêté. Les faits sont tous connus : le 7 janvier, deux djihadistes français, les frères Kouachi, ont envahis le journal Charlie Hebdo, en laissant onze morts, entre les collaborateurs du journal et les forces de police, et onze blessés ; le 8 janvier, à Montrouge, Amedy Coulibaly, un proche des frères Kouachi, a tué une policière municipale et a blessé une autre personne ; le 9 janvier, les frères Kouachi se sont réfugiés dans une imprimerie à Dammartin-en-Goële, au même moment que Coulibaly a pris en otage un supermarché cachère, à Paris, dont le résultat a été la mort de dix-sept personnes, policiers et clients, ainsi que des trois assassins. D’autres attentats et manifestations antisémites se sont suivis en France et ailleurs, comme au Danemark. Tout cela a suscité une profonde réaction de toute la société et des gouvernements, comme on l’a vu le 11 janvier à l’occasion de plusieurs manifestations, rassemblant environ 4 millions de personnes, dans plusieurs villes de France et de par le monde.
Le terrorisme constitue une forme très cruelle de violence, qui méprise totalement le droit international humanitaire : il se manifeste de la façon la plus inattendue possible, puisque ses cibles ne sont pas des objectifs militaires comme dans une guerre déclarée, mais les lieux de la vie quotidienne. Le terrorisme frappe profondément la dignité humaine et constitue une offense à toute l'humanité. Il doit être condamné absolument et rien ne peut le justifier. Dans sa logique, les fins justifient les moyens et l’homme devient un simple instrument. Pourtant, l’élimination du terrorisme n’est pas simple et suppose un ensemble de mesures, qui incluent des politiques de sécurité, d’inclusion sociale et culturelle, de coopération internationale et aussi d’éducation pour la non-violence et pour la paix. La responsabilité pénale du terrorisme reste personnelle et on ne peut pas l’attribuer aux religions, aux nations, aux ethnies, auxquelles appartiennent les terroristes. Justifier le terrorisme au nom de Dieu constitue une profanation et un blasphème, puisque on désire posséder la vérité divine. Aux religions est donné la mission de collaborer pour éliminer les causes du terrorisme et pour promouvoir l'amitié entre les peuples (Cf. Jean-Paul II, Décalogue d'Assise pour la paix, 1, le 24 février 2002). Aucune religion ne peut tolérer le terrorisme et, encore moins, le prêcher (Cf. Jean-Paul II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2002, 7). On ne peut pas qualifier de « martyr » ceux qui meurent dans les actes terroristes, puisque martyr est celui qui meurt pour ne pas renoncer à Dieu et non pas celui qui tue au nom de Dieu.
Afin que la non-violence puisse prévaloir sur le terrorisme, prions le Seigneur :
Seigneur, Dieu de paix, Tu nous as donné, au Mont Sinaï, par Moïse, le commandement de ne pas tuer ; au Mont Thabor, par Jésus, Tu nous as appris à ne pas répondre au mal avec le mal, mais par le bien. Regarde avec tendresse l’humanité menacée par la violence du terrorisme ! Console avec ton amour tous ceux qui ont été touchés par ces attentats ! Réveille la conscience des citoyens pour que toute l’humanité puisse réagir avec vigueur à cette violence ! Inspire les croyants et les dirigeants de toutes les religions afin qu’ils soient artisans de paix et que les radicalismes et les fanatismes religieux soient éradiqués ! Et ainsi, par la force de ta grâce, toute la terre habitera en paix et aucun mal ne sera pratiqué devant ta face ! Amen.

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 25 Février 2015






JANVIER 2015 : NOTRE ARGENT FINANCE-T’IL LA GUERRE OU LA PAIX ?



A vous tous qui cherchez la paix :

Paix !





Je vous invite, au début de cette nouvelle année, à réfléchir et à prier sur la dimension économique de la paix, en nous posant une question très sérieuse : notre argent finance-t’il la guerre ou soutien-t’il  la paix ?

Les dépenses militaires en 2013 ont été estimées, par le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), à environ 1747 milliards de dollars, ce qui représente 2,4% du Produit Intérieur Brut ou 248 dollars pour chaque habitant de la planète!. Le même Institut a pointé du doigt les dix compagnies les plus importantes de production d’armes en 2012 : Lockheed Martin (US$ 36 milliards), Boeing (US$ 27,61 milliards), BAE Systems UK (US$ 26,85 milliards), Raytheon (US$ 22,5 milliards), General Dynamics (US$ 20,94 milliards), Northrop Grumman (US$ 19,4 milliards), EADS Trans-Europe (US$ 15,4 milliards), United Technologies (US$ 13,46 milliards), Finmeccanica – Italy (US$ 12,53 milliards), L-3 Communications (US$ 10,84 milliards). Face à cette réalité, la question que l’on ne peut éluder, c’est par qui ces compagnies sont soutenues. Qui sont les investisseurs ? 

Il y a un consensus qui commence à s’imposer dans les banques et dans les fonds d’investissement du monde entier d’exclure totalement de leurs opérations financières les entreprises qui ont des rapports avec l’industrie des armements. On peut trouver cet engagement éthique dans la banque néerlandaise ASN Bank, dans la banque italienne Banca Etica ou la compagnie d’assurance suédoise Folksam, qui s’interdisent tout investissement et financement dans des sociétés impliquées dans la fabrication, la distribution ou le commerce d’armes. Même s’il s’agit d’un petit nombre d’institutions, ce désinvestissement peut avoir un impact significatif sur l’orientation stratégique d’une société.  Les firmes qui continuent à investir dans l’armement commencent à prendre conscience qu’elles seront considérées elles-mêmes comme illégitimes, ou comme un mauvais objet d’investissement (  "http://www.bastamag.net/L-industrie-des-armes-nucleaires" http://www.bastamag.net/L-industrie-des-armes-nucleaires ; "http://www.paxforpeace.nl/home" http://www.paxforpeace.nl/home). La même orientation est trouvée das le développement du commerce équitable : les gens veulent s’assurer que les marchandises qu’elles achètent  ne soient pas le fruit de l’exploitation de la misère humaine et que l’argent puisse contribuer au développement humain plutôt qu’à l’enrichissement de ceux qui ont déjà beaucoup.

Afin que puisse grandir dans la conscience de l’humanité  cette dimension éthique de l’économie, prions le Seigneur :

Seigneur, Dieu de Paix, tes prophètes ont annoncé qu’un jour les épées seront transformées en charrues et les lances en faucilles (Is 2,4). Nous te supplions donc, de ne pas retarder l’accomplissement de ces paroles. Que le sens de l’éthique puisse guider les personnes dans l’usage de leur argent, et que les industries de la guerre ne trouvent plus d’appui financier. Ainsi, la terre entière, l’œuvre de tes mains, vivra dans la paix que tu souhaites. Amen.  

Bonne année !

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 4 décembre 2014.


DECEMBRE 2014 : NON PLUS ESCLAVES, MAIS FRERES



A vous tous qui cherchez la paix :

Paix !



« Non plus esclaves, mais frères ». C’est le thème choisi par le Pape François pour la 48ème Journée Mondiale de la Paix qui aura lieu le 1er janvier 2015, en continuité à une tradition inaugurée par le Bienheureux Pape Paul VI, en 1968.

Le Pape François s’est inspiré de l’Epitre que Saint-Paul a écrit à son ami Philémon, en lui demandant de recevoir Onésime, un esclave fugitif devenu chrétien par le ministère de l’apôtre. Paul demande à Philémon de recevoir Onésime « non plus comme un esclave, mais bien mieux qu’un esclave, comme un frère très cher » (Phm 16). En évoquant ce verser biblique, le Pape désire que nous considérions l’esclavage, non pas comme un fait appartenant au passé, mais comme une plaie sociale très présente de nos jours. En ses messages, le Pape insiste sur le fait que notre filiation divine rend tous les êtres humains frères et sœurs avec une égale dignité. Or l’esclavage porte un coup mortel à cette fraternité universelle et, par conséquent, à la paix. En effet, pour qu’il y ait la paix, il faut que l’être humain reconnaisse dans l’autre un frère qui a une égale dignité.

    L’esclavage prend aujourd’hui dans le monde différentes formes, comme le trafic des êtres humains, la traite des migrants et de la prostitution, le travail forcé, l’exploitation de l’homme par l’homme, la mentalité esclavagiste vis-à-vis des femmes et des enfants. Et ces plaies font l’objet d’une honteuse spéculation de la part d’individus et de groupes qui profitent des nombreux conflits en cours, de la crise économique et de la corruption. L’esclavage n’est pas seulement une terrible plaie ouverte dans la société contemporaine, mais aussi une très grave blessure dans la chair du Christ ! Il faut, avant tout, reconnaitre l’inviolable dignité de chaque personne humaine et affirmer en même temps avec force la fraternité - qui comporte l’exigence de surmonter l’inégalité selon laquelle un homme peut assujettir un autre homme – et promouvoir un engagement de proximité et de gratuité pour un chemin de libération et d’inclusion de tous. De cette façon, on pourra bâtir une civilisation fondée sur l’égale dignité de tous les êtres humains, sans aucune discrimination ; ce qui requiert l’engagement du monde de l’information, de l’éducation et de la culture pour une société renouvelée et fondée sur la liberté, la justice et la paix. 

Afin que ce message du Pape soit accueilli par tous les hommes et femmes de bonne volonté, par tous les gouvernements et par toutes les églises et religions, prions le Seigneur :

Seigneur, Dieu de Paix, ton fils Jésus-Christ est venu pour annoncer que nous sommes tous fils et filles d’un même Père, et par conséquence, frères et sœurs les uns les autres. L’esclavage d’une personne par une autre blesse profondément cette fraternité universelle. Ainsi, nous te supplions de nous donner la force morale pour dénoncer et supprimer toutes les formes d’esclavages existantes parmi nous. De cette façon, nous mettrons en œuvre la vérité de l’Evangile annoncé par Saint-Paul : « Il n’y a ni esclave ni homme libre, (…) car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ! » (Ga 3,28). Amen.  

Avec toute mon amitié,

Fr. Irénée Rezende Guimarães

Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 13 novembre 2014.






NOVEMBRE 2014 : LA PAIX POUR LE PEUPLE D'UKRAINE  : 

A vous tous qui cherchez la paix :

Paix !



Ukrainian girl.
Je vous invite à prier pour le peuple d’Ukraine, qui vit depuis 2013 une crise de relations avec la Russie, connue d’abord sous le nom de « Printemps Russe » et, avec son évolution, comme la « Guerre du Donbass ».
Tout a commencé avec les manifestations contraires à la position du président ukrainien Viktor Ianoukovytch,  connu pour son opposition à l’intégration de l’Ukraine à la Communauté Européenne.  Les manifestants ont réussi la nomination d’un nouveau président  par intérim, le 23 février 2014, Monsieur Oleksandr Toutchynov. Pourtant, le pays est resté fortement divisé entre l'ouest pro-européen, qui a pris le pouvoir, et le sud-est pro-russe. Des brigades d’auto-défense et des manifestations pro-russes ont lieu dans les régions russophones du pays. Avec le rattachement de la Crimée à la Russie, le 16 mars 2014, les manifestants pro-russes ont proclamé  la «  République Populaire de Donetsk ». Des forces militaires et des volontaires russes jouent un rôle important dans l’organisation de cette insurrection et dans la prise de plusieurs bâtiments fédéraux. En réaction, le gouvernement ukrainien a organisé une opération contre les séparatistes pro-russes. Le 17 avril 2014, à Genève, la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et l’Union Européenne, se mettent d'accord sur le fait que les formations militaires illégales en Ukraine doivent être dissoutes, et que toute personne occupant les bâtiments administratifs doit déposer les armes et les quitter. L'accord ajoute la possibilité d'une amnistie pour tous les manifestants anti-gouvernementaux. Le 17 juillet, l'Ukraine accuse l’armée de l’air russe d’avoir abattu un avion ukrainien et un Boeing 777 de la compagnie Malaysia Airlines, avec 298 personnes à bord. Les représentants de la République Populaire de Donetsk, de la République Populaire de Lougansk et le gouvernement de Kiev signent le 5 septembre 2014, à Minsk, un protocole d'accord pour un cessez-le-feu.
D'après le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, entre janvier 2014 et début août 2014, environ 168 000 personnes se sont réfugiées en Russie et environ 117 000 personnes ont été déplacées, dont 102 600 de Lougansk et Donetsk,  et 15 200 de Crimée. Selon l’ONU, le nombre de victimes du conflit a presque doublé en deux semaines, passant de 1 129 morts au 26 juillet à 2 086 au 10 août. En moyenne, plus de 60 personnes ont été tuées ou blessées chaque jour. On dénombre près de 5 000 blessés, dont des soldats ukrainiens, des membres de groupes armés et des civils. Plusieurs journalistes sont tués pendant le conflit.
Pour tout le peuple d’Ukraine, menacé par une situation de tensions et de conflit qui ne s'apaise pas, générant tant de souffrance dans la population civile, prions le Seigneur :
Seigneur, Dieu de Paix, ton fils Jésus-Christ est venu pour rassembler tous les hommes et toutes les femmes dans un seul troupeau. Nous te prions pour le peuple ukrainien, qui vit une situation de guerre civile et d’un effondrement de l’unité nationale. Répand sur ce peuple ton regard de tendresse et de compassion : que le dialogue puisse remplacer les armes. Et ainsi, en dépassant ses différends, ce pays puisse vivre dans la paix et dans la prospérité. Amen.  Avec toute mon amitié,Fr. Irénée Rezende GuimarãesMoine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 3 octobre 2014.








OCTOBRE 2014 : POUR LA PAIX POUR L’IRAK

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !
Une fois encore, l’Irak  attire l’attention de l’opinion publique internationale par son instabilité politique. Je vous invite à prier pour la paix en ce pays millénaire, berceau de la civilisation, qui vit maintenant une situation dramatique.
La stabilisation politique de ce pays et le renversement de son dictateur, Saddam Hussein, a constitué la raison principale de l’« Opération de Libération de l’Irak »,  l’intervention armée, par les Etats-Unis et par ses coalisés, le 20 mars 2003. Huit ans et neuf mois après, le 21 décembre 2011, les Etats-Unis ont quitté ce pays. Cette guerre a laissé environ 250 mille irakiens morts, presque 5 mille soldats morts et plus de 36 mille militaires blessés. L’absence d’une puissance militaire expressive, a laissé l’espace pour l’action des groupes insurgés sunnites, principalement l’Etat Islamique d’Irak, qui poursuivent leurs attaques contre le gouvernement central et la population chiite. En 2012, une « Armée Irakienne Libre » a été fondée, sur le modèle de l'armée syrienne combattant le régime de Bachar el-Assad, en Syrie. On estime déjà à plus de 15 mille morts les victimes de cette guerre civile et à plus de 250 mille le nombre de personnes obligées à se déplacer, à cause de la persécution religieuse, surtout des chrétiens et des yézidis.
Face aux innombrables et terribles violations des droits de l’homme, on appelle les Nations Unies à assurer le déploiement immédiat d’unités militaires spéciales venant du plus grand nombre possible de pays, unités qui auront la capacité nécessaire pour arrêter la purification ethnique et sectaire en cours, assurer le retour sain et sauf des réfugiés dans leurs foyers et traduire les responsables en justice. Il faut aussi prendre des mesures pour arrêter l’approvisionnement en armes des responsables et de sanctionner ceux qui continuent à leur en fournir. Une réponse immédiate sera capable de déminer la crise humanitaire, et ceci avant qu’elle ne prenne des proportions incontrôlables. Cela suppose aussi des mesures de protection aux membres des communautés minoritaires persécutées et, selon le droit humanitaire international, leur garantir un droit d’asile immédiat. Cet ensemble d’initiatives permettra de mettre en place immédiatement des conditions de dialogue et de négociations de paix qui incluent toutes les composantes de la société.
Pour une prise de position claire et courageuse de toute la communauté internationale, prions le Seigneur :
 Seigneur, notre Dieu, Dieu des vivants et non Dieu des morts, regarde avec compassion le pays où est né le patriarche Abraham, l’Irak. Accomplis pour ce  peuple tes promesses de paix ! Que l’on cesse les violations des droits de l’homme ! Que l’on puisse constituer un pays démocratique et tolérant, de façon que chrétiens, musulmans et croyants de tous les crédos puissent vivre ensemble, construisant une culture de la convivialité et une civilisation dont ils soient fiers ! Qu’aucune religion ne justifie les violences et que toutes les religions puissent travailler ensemble en faveur de la dignité humaine ! Amen.
Avec toute mon amitié,
Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 20 août 2014.

SEPTEMBRE 2014 : LE DROIT DES PEUPLES A LA PAIX

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

Depuis 1981, l’ONU a consacré le 21 septembre comme la Journée Internationale de la Paix, pour renforcer les idéaux de paix, tant au sein des nations et des peuples qu’entre ceux-ci. Cette année, le thème choisi est « Le droit des peuples à la paix », pour célébrer le trentième anniversaire de la « Déclaration sur le Droit des Peuples à la Paix ». Je vous invite à soutenir avec  notre prière cette initiative de l’ONU.
Cette déclaration, approuvée le 11 novembre 1984, par la résolution 39/11 de l’Assemblée Générale de l’ONU, fondée sur les principes fondamentaux du droit international, exprime le désir et la volonté de tous les peuples d'éliminer la guerre de la vie de l'humanité et, surtout, de prévenir une catastrophe nucléaire mondiale. L'absence de guerre est une condition primordiale du bien-être, de la prospérité matérielle et du progrès des Etats. En cette ère nucléaire, l'instauration d'une paix durable sur la Terre est une condition primordiale de la préservation de la civilisation humaine et de la survie de l'humanité. Pour assurer à tous les peuples une vie pacifique, cet important document :
- « proclame solennellement que les peuples de la Terre ont un droit sacré à la paix ;
- déclare solennellement que préserver le droit des peuples à la paix et promouvoir la réalisation de ce droit constituent une obligation fondamentale pour chaque Etat ;
- souligne que, pour assurer l'exercice du droit des peuples à la paix, il est indispensable que la politique des Etats tende à l'élimination des menaces de guerre, surtout de guerre nucléaire, à l'abandon du recours à la force dans les relations internationales et au règlement pacifique des différends internationaux sur la base de la Charte des Nations Unies ;
- lance un appel à tous les Etats et à toutes les organisations internationales pour qu'ils contribuent par tous les moyens à assurer l'exercice du droit des peuples à la paix en adoptant des mesures appropriées au niveau tant national qu'international ».
Pour que ce droit soit assuré et pour que le 21 septembre soit profondément vécu, prions le Seigneur, inspirés par les paroles du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon :
Seigneur Dieu, Créateur et Sauveur, par le Christ, ton Fils et notre Seigneur, tu as préparé pour toute l’humanité un avenir de paix. A l’occasion de la célébration de la Journée Internationale  de la Paix, nous te supplions : que l’humanité tout entière défende le droit à la paix et que  les combattants déposent leurs armes. Animés par ton Esprit, puissions-nous marquer  notre solidarité à l’égard des civils auxquels le terrorisme et la guerre ont coûté la vie, à l’égard des familles traumatisées qui n’ont plus ni maison ni avenir et à l’égard des pays dont le niveau de développement est revenu plusieurs décennies en arrière. Que tous ceux qui sont épris de paix puissent  œuvrer, avec leurs amis, leurs voisins, leur gouvernement et les organisations locales, à promouvoir l’exercice du droit des peuples à la paix. Ainsi, tous tes fils et tes filles feront ce qui est agréable à tes yeux et l’œuvre de tes mains chantera ta louange à jamais ! Amen.
Avec toute mon amitié,
Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 14 août 2014.
AOÛT 2014 : LA PAIX ET LA REUNIFICATION DE LA PENINSULE COREENNE

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

Je vous invite à accompagner avec notre prière le voyage du Pape François en République de Corée, du 13 au 18 août. Le Pape François continue son pèlerinage vers les régions en conflits pour témoigner l’Evangile de la Paix.
La division de la péninsule coréenne s’est faite, à la fin de la guerre de Corée, en 1953, avec la création de la République Populaire Démocratique de Corée, au nord, et de la République de Corée, au sud. Le 4 juillet 1972, les deux parties ont déclaré leur désir d'une réunification pacifique, sans ingérence étrangère. A la fin de la guerre froide, en 1991, les deux Corées ont fait leur entrée conjointe aux Nations-Unies, en signant des accords de réconciliation, de non-agression, d'échanges et de coopération.
L’enjeu de l’unification de cette région touche aussi la conscience chrétienne. Le Conseil Mondial des Eglises, organisme qui rassemble plus de 300 églises chrétiennes, a célébré, à Busan, République de Corée, en 2013, sa dixième assemblée générale, avec le thème « Dieu de la Vie,  conduis-nous vers la justice et la paix ! », et a approuvé une déclaration intitulée  « La paix et la réunification  de la péninsule coréenne ». Dans cet important document, on trouve des pistes d’action, comme, par exemple :  
- encourager le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des initiatives en vue de l’édification de la paix et à lever les sanctions imposées à la Corée du Nord ;
- lancer une campagne universelle en vue d’un traité de paix qui remplacera l’Accord d’armistice de 1953, mettant ainsi fin à l’état de guerre ;
- appeler toutes les puissances étrangères de la région à mettre une fin à tous les exercices militaires et à réduire les dépenses militaires ;
- veiller à l’élimination des armes et des centrales nucléaires, en vue de l’établissement d’une zone dénucléarisée, en rejoignant les initiatives  en vue d’une interdiction mondiale  des armes nucléaires ;
- appeler les deux gouvernements à restaurer la communauté humaine fondée sur la justice et la dignité humaine, en mettant en place un processus durable  de libre échange de courrier et de visites entre les familles séparées ;
- collaborer avec les deux gouvernements pour proposer une coopération internationale en vue de maintenir une zone véritablement démilitarisée et la transformer en une zone de paix.
Pour que ces propos se concrétisent et pour que le voyage du Pape François produise les fruits attendus, prions le Seigneur :
Seigneur, notre Dieu, tu as envoyé  Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur, pour détruire les murs de séparation entre les peuples, en faisant un seul peuple, celui qui t’es agréable et qui pratique la justice et la paix. A l’occasion de la visite du Pape François à la République de Corée, nous te supplions pour la paix et la réconciliation dans cette péninsule : que les deux nations arrivent à une entente, que les familles séparées puissent se rencontrer et que les dépenses avec les armes soient remplacées par des actions de promotion de la dignité humaine. Amen.
Avec toute mon amitié,
Fr. Irénée Rezende Guimarães
Moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 22 juillet  2014.

JUILLET 2014 : A L'OCCASION DU CENTENAIRE DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !


La première grande guerre a transformé énormément le cours de la civilisation contemporaine, en apportant des modifications dans les plus divers domaines, et en transformant l’art de la guerre, avec ses armements de destruction massive. Il ne faut pas oublier les 9 millions de morts et environ 20 millions de blessés ! A l’occasion de ce centenaire, je vous invite à prier Dieu pour éclairer  le chemin et la marche de la civilisation.
Il faut se souvenir de toutes les initiatives prises en faveur de la paix, telle par exemple la Communauté Internationale pour la Réconciliation, fondée en 1914, quand des chrétiens des douze pays belligérants ont proclamé leur unité en Christ. En 1915, des femmes, dont les maris se battaient dans des camps opposés, ont créé la Ligue Mondiale des Femmes pour la Paix. Plusieurs hommes et femmes ont refusé d’être enrôlés, en payant avec la prison et même avec la mort le prix de leur choix. Des personnalités importantes, telles le Pape Benoit XV et l’empereur Charles 1er d’Autriche,  se sont engagées  à chercher une issue pour le conflit.
Benoît XV (1854-1922) a été élu pape le 3 septembre 1914, en proclamant, tout de suite, la neutralité du Saint-Siège. Dès sa première encyclique, le 1er novembre 1914, il appelle à la fin de « cette guerre si désastreuse » et dénonce la sophistication de l’art de tuer. À Noël 1914, il propose une trêve - non acceptée - entre les belligérants. Le 28 juillet 1915, il reprend l’appel à  mettre terme à ce qu’il appelle le carnage horrible. Malgré l’indifférence et l’opposition avec laquelle ses propos sont reçus, le pape ne se décourage pas. Le 1er août 1917, il propose un plan précis pour la fin du conflit. Il développe aussi un service d'assistance aux blessés et prisonniers de guerre. Après la fin de la guerre, le 23 mai 1920, il écrit une deuxième encyclique pour exhorter à une réconciliation plus profonde que les traités, sans laquelle il n’y a pas de paix véritable.
L’empereur Charles 1er d’Autriche (1887-1922), dès son avènement le 22 novembre 1916, prend des mesures pour diminuer la souffrance de ses concitoyens, comme par exemple, de ne pas envoyer aux postes dangereux des personnes trop atteintes par les fatalités. En janvier 1917, il envoie deux émissaires à Paris en proposant un traité de paix, en reconnaissant les droits légitimes de la France sur l'Alsace-Lorraine et la souveraineté de la Belgique. Malheureusement ces propositions n’ont pas eu la force de changer les événements et l’empereur est forcé à abdiquer à la fin de la guerre. Il meurt en 1922, exilé aux iles Madère. A cause de ses efforts pour la paix et la justice sociale, il est proclamé bienheureux par le Pape Jean-Paul II, en 2004.
Illuminés par ces témoignages, prions le Seigneur :
Seigneur notre Dieu, Maître du temps et de l’histoire, écoute notre prière à l’occasion du centenaire du début de la première guerre mondiale. Illumine  la conscience de l’humanité, pour qu’elle renouvelle la conviction, déjà exprimée par le Pape Pie XII, que  « avec la paix, rien n'est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre » (Radio message du 24 août 1939). Que nous puissions rendre effectives les paroles du Pape Paul VI à l’ONU : « Il suffit de rappeler que le sang de millions d'hommes, que des souffrances inouïes et innombrables, que d'inutiles massacres et d'épouvantables ruines sanctionnent le pacte (…) : jamais plus la guerre, jamais plus la guerre! C'est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l'humanité! » (Discours à l’ONU, le 4 octobre 1965). Par Jésus Christ, ton Fils et notre Seigneur. Amen.
Avec toute mon amitié,
fr. Irénée Rezende Guimarães
moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 18 juillet  2014.


JUIN 2014 : LA PAIX POUR LE MOYEN ORIENT

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !



Le récent pèlerinage du Pape François en Terre Sainte, ainsi que la rencontre de prière célébrée au Vatican  le 8 juin, avec la présence du Président de l’Autorité Palestinienne  et de l’Etat d’Israël, tout cela a rallumé les espérances de paix pour cette région. Ainsi, je vous invite  à soutenir par notre prière ces initiatives.
Le Pape François n’a pas cessé d’appeler les Palestiniens et les Israéliens à mettre fin à ce conflit : « que redoublent donc les efforts et les initiatives destinés à créer les conditions d’une paix stable, basée sur la justice, sur la reconnaissance des droits de chacun et sur la sécurité réciproque» (Rencontre avec les autorité palestiniennes , le 25 mai 2014). Il a repris la proposition déjà énoncée par Benoît XVI : « qu’il soit universellement reconnu que l’État d’Israël a le droit d’exister et de jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Qu’il soit également reconnu que le Peuple palestinien a le droit à une patrie souveraine, à vivre avec dignité et à voyager librement. Que la ‘‘solution de deux États’’ devienne réalité et ne demeure pas un rêve » (Cérémonie de bienvenue à l’aéroport  international Ben Gurion, le 25 mai 2014). En rappelant  l’étymologie hébraïque du mot Jérusalem - « Cité de la Paix » -, le Pape a proclamé son désir et de toute l’humanité : « Que Jérusalem soit vraiment la Ville de la paix ! Que resplendissent pleinement son identité et son caractère sacré, sa valeur religieuse et culturelle universelle, comme trésor pour toute l’humanité ! » (Visite de courtoisie au président de l'Etat d'Israël, le 26 mai 2014).
Dans la rencontre  au Vatican, après le voyage et en présence des autorités des deux peuples, le Pape a affirmé la nécessité de mettre toutes les énergies pour aboutir à la paix : « pour  faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre. Il faut du courage pour dire oui à la rencontre et non à l’affrontement ; oui au dialogue et non à la violence ; oui à la négociation et non aux hostilités ; oui au respect des accords et non aux provocations ; oui à la sincérité et non à la duplicité. Pour tout cela, il faut du courage, une grande force d’âme » (Invocation pour la paix , le 8 juin 2014).
Avec les paroles du Pape François, prions le Seigneur :
Seigneur Dieu de paix, écoute notre supplication ! Nous avons essayé tant de fois et durant tant d’années de résoudre nos conflits avec nos forces et aussi avec nos armes ; tant de moments d’hostilité et d’obscurité ; tant de sang versé ; tant de vies brisées, tant d’espérances ensevelies… Mais nos efforts ont été vains. A présent, Seigneur, aide-nous Toi ! Donne-nous Toi la paix, enseigne-nous Toi la paix, guide-nous Toi vers la paix. (…) Seigneur, Dieu d’Abraham et des Prophètes, Dieu Amour qui nous a créés et nous appelle à vivre en frères, donne-nous la force d’être chaque jour des artisans de paix ; donne-nous la capacité de regarder avec bienveillance tous les frères que nous rencontrons sur notre chemin. Rends-nous disponibles à écouter le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Maintiens allumée en nous la flamme de l’espérance pour accomplir avec une patiente persévérance des choix de dialogue et de réconciliation. (…) Seigneur, désarme la langue et les mains, renouvelle les cœurs et les esprits, pour (…)  que le style de notre vie devienne : shalom, paix, salam ! Amen ! (Invocation pour la paix , le 8 juin 2014).
Avec toute mon amitié,
fr. Irénée Rezende Guimarães
moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France




MAI 2014 : LA PAIX POUR LA REPUBLIQUE CENTRE-AFRICAINE


A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

Je vous invite, ce mois, à prier pour la paix en Centrafrique. Depuis 2003, ce pays vit un conflit entre deux factions : celle qui soutient l’ex-président François Bozizé, connue sous le nom de anti-balaka, et celle  qui appuie l’ancien président, Michel Djotodia, appelé la Seleka. Ce conflit politique et militaire devient pourtant un conflit intercommunautaire, suite à de nombreuses exactions contre les civils, musulmans ou chrétiens, lesquels fuient les villages pour trouver un refuge dans la brousse. Il atteint  aussi une dimension internationale, de sorte que le Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 5 décembre 2013, par la résolution 2127, autorise le « déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois », avec l’objectif de mettre fin à la « faillite totale de l'ordre public, l'absence de l'état de droit et les tensions interconfessionnelles ».
Les évêques de la République Centrafricaine insistent sur le fait que la résolution de la crise ne se fera pas sans la participation de leurs concitoyens et les invitent à assumer leur part de responsabilité dans cette crise qui a plongé ce pays dans le chaos et les a opposés les uns aux autres. Pour eux, « les jeux politiques et la sauvegarde des intérêts égoïstes et particuliers ont vidé notre société des valeurs humanistes et du respect de la personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. (…) Tuer devient un acte banal et anodin ». Plus qu’une lutte politique, les évêques centrafricains affirment que « la véritable bataille est celle du développement, de la relance économique et de la lutte contre la pauvreté, la misère et l’impunité ». Concrètement les évêques proposent plusieurs chemins, comme : la refondation de l’appareil sécuritaire par le rétablissement urgent d’une armée républicaine, formée et équipée en vue d’assurer la sécurisation du territoire national et la sécurité de tous les Centrafricaines et Centrafricains ; la réduction de la période de transition et l’organisation rapide des élections ; la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante afin de faire la lumière sur les violations des droits humains en Centrafrique ; le déploiement rapide des casques bleus vu la complexité de l’opération sur le terrain ; un désarmement sans complaisance des ex-seleka, des anti-balaka et de toute personne détentrice d’armes ; la mise en place du processus de démobilisation, désarmement et rapatriement des mercenaires tchado-soudanais et de réinsertion des combattants centrafricains ; la promotion du dialogue entre les fidèles des différentes religions qui cohabitent en Centrafrique ; la réparation et l’indemnisation des victimes de la rébellion ; la lutte contre le système d’exclusion sociale fondée sur l’appartenance ethnique, religieuse et régionale ; l’assainissement des relations avec les pays voisins, en particulier le Tchad (http://justice-paix.cef.fr/IMG/pdf/Reconstruisons_ensemble_notre_pays_dans_la_paix.pdf).  
Pour que la paix revienne dans ce pays, prions le Seigneur :
Ô Dieu de Paix, ton Fils Jésus-Christ, par sa mort et par sa Résurrection, a détruit le mur de la haine entre tous les peuples. Nous te prions pour nos sœurs et nos frères de la Centrafrique : qu’ils puissent mettre en œuvre le désarmement des mains, du cœur et de l’esprit ; qu’ils puissent récupérer la confiance, la tolérance et le pardon ; qu’ils puissent, enfin, renouveler leur espérance en Toi et en l’homme. Qu’ils vivent ainsi la culture de la vérité, de la justice et de la paix que Jésus nous a apportée. Amen.
Avec toute mon amitié,



AVRIL 2014 : LA PAIX ET LES FAMILLES


A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

Le  Pape François a convoqué pour le mois d’octobre de cette année une Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Evêques, pour discuter sur le thème « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ».  Le 2 février, il a écrit une lettre à toutes les familles en les invitant à participer activement à la préparation de cet évènement, par des suggestions et surtout par la prière.
 C’est pour nous une opportunité pour réfléchir et prier sur la contribution des familles pour la paix sur la terre. Le Pape Jean-Paul II a consacré le message de la Journée Mondiale de la Paix de 1994 sur ce thème : «  De la famille naît la paix de la famille humaine ». D’emblée, Jean-Paul II réfléchit sur la famille comme communauté de  vie et d’amour : « Les vertus familiales, fondées sur le profond respect de la vie et de la dignité de l'être humain,  et se traduisant par la compréhension, la patience, les encouragements et le pardon mutuels, donnent à la communauté de la famille la possibilité de vivre l'expérience première et essentielle de la paix » (n° 2). Pourtant, il constate que souvent la famille est une victime de l’absence de paix et que « contrairement à sa vocation première de paix, la famille se révèle malheureusement, dans bien des cas, être un lieu de tensions et de violences, ou bien la victime désarmée des nombreuses formes de violence qui caractérisent la société actuelle » (n° 3-4). Notre propre expérience nous montre combien de foyers sont déchirés par des querelles et des conflits, soit entre parents et enfants, soit entre frères, la plupart pour des motifs mesquins. Malgré toutes ces limites, on peut considérer la famille comme un protagoniste de la paix : « Pour que les conditions de la paix soient durables, il est nécessaire qu'existent des institutions qui expriment et qui affermissent les valeurs de la paix. L'institution qui correspond de la manière la plus immédiate à la nature de l'être humain est la famille. Elle seule peut assurer la continuité et l'avenir de la société. La famille est donc appelée à devenir protagoniste actif de la paix, grâce aux valeurs qu'elle exprime et qu'elle transmet à l'intérieur du foyer et grâce à la participation de chacun de ses membres à la vie de la société » (n° 5). Pour aboutir à cette mission, il faut surtout vaincre le défi de la pauvreté : «  L'indigence est toujours une menace pour la stabilité sociale, pour le développement économique et donc, finalement, pour la paix. La paix restera en péril tant que les personnes et les familles se verront contraintes à lutter pour leur survie » (n° 5). Finalement, Jean-Paul II comprend la mission de la famille comme un service de pour la paix.  Ainsi il recommande  et suggère à  chaque famille : « Recherche cette paix, prie pour cette paix, travaille pour cette paix ! » (n° 6).  Les parents  sont appelés à être éducateurs de la paix ; les enfants à se préparer pour l’avenir, en aspirant au bien et en gardant des  pensées de paix ; les grands parents à communiquer leur expérience et leur témoignage pour relier le passé et l'avenir en un présent de paix. Pour ceux qui n’ont pas de famille, l’Eglise est chargée d’accomplir cette responsabilité en étant la grande maison des enfants de Dieu (n° 6).
Pour que les familles du monde entier puissent vivre cette vocation d’artisans de la paix, prions le Seigneur :
Ô Dieu, Père de toute l’humanité, tu souhaites que tous les hommes et toutes les femmes puissent vivre comme des frères et des sœurs sur la terre. Bénis chaque famille humaine et donne leur la grâce de vivre en paix et d’être source de paix pour le monde.  Amen.
Avec toute mon amitié,
fr. Irénée Rezende Guimarães
moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France

Tournay, le 30 mars 2014.


MARS 2014 : LA PAIX ET LA PARTICIPATION DES FEMMES

A vous tous qui cherchez la paix :
Paix !

L’ONU a proclamé le 8 mars comme la « Journée Internationale de la Femme », pour susciter une prise d’attitude à l’égard du rôle des femmes dans la société d’aujourd’hui. A cette occasion, je vous invite à réfléchir et à prier sur la contribution des femmes pour la paix sur le monde. Si elles sont maintes fois victimes de la guerre et des conflits, elles sont aussi des bâtisseuses importantes de la réconciliation.
 Si plusieurs processus et dialogues pour la paix n’aboutissent pas, c’est parce qu’on ne donne pas un espace suffisant aux femmes. Le médecin palestinien, Izzeldin Abuelaish, qui a perdu trois filles dans un bombardement à Gaza et qui a fondé « Filles pour la vie », affirme : « Nous devons accepter l’idée que les femmes puissent largement contribuer aux changements qui sont à faire. (…) Quand les valeurs féminines seront mieux prises en compte à tous les niveaux de la société, les valeurs de cette dernière changeront et la vie sera plus facile ».
Pour assurer cette participation des femmes dans les négociations de paix, le Conseil de Sécurité de l’ONU, dans sa 4213ème séance, le 31 octobre 2000, a approuvé la Résolution 1325. Ce document propose que l’ONU et ses Etats-Membres puissent mettre en œuvre des initiatives pour donner aux femmes une place importante dans la prévention des conflits, les négociations de paix ainsi que la reconstruction des sociétés déchirées par la guerre. Trois mots peuvent résumer cette résolution : prévention, protection et participation.
La Résolution insiste pour que les nations fassent des efforts afin que les femmes soient mieux représentées à tous les niveaux des prises de décisions – national, régional ou international – pour la prévention, la gestion et le règlement des différends. Qu’elles soient plus présentes en qualité d’observateur militaire, de membre de la police civile, de spécialiste des droits de l’homme et de membres d’opérations humanitaires. Le document propose également une démarche soucieuse d’équité entre les sexes à l’occasion de la négociation et de la mise en œuvre d’accords de paix. Il exige aussi que toutes les parties d’un conflit armé respectent pleinement les normes du droit international à l’égard des femmes et des petites filles, en les protégeant contre les actes de violence, en particulier le viol et d’autres formes de sévices sexuelles. Ce document propose l’introduction de la perspective du genre dans le processus de paix : il faut repenser la relation homme et femme dans une perspective de partenariat pour la paix, ce qui exige une nouvelle compréhension de l’identité masculine, moins guerrière et plus réconciliatrice.
Afin que ces résolutions soient mises en pratique par tous les pays du monde, prions le Seigneur :
Ô Dieu de paix, tu as créé l’homme et la femme à ton image et à ta ressemblance, pour qu’ils soient un. Bénis toutes les initiatives de collaboration entre hommes et femmes pour la paix du monde. Inspire toutes les femmes qui se consacrent à la réconciliation et à la résolution des conflits. Eclaire tous les chefs des nations pour qu’ils puissent donner aux femmes plus de place dans les négociations et les processus de paix. Et toute la terre réconciliée, comme une grande famille, bénira ton nom à jamais. Amen.
Avec toute mon amitié,
fr. Irénée Rezende Guimarães
moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France
Tournay, le 25 février 2014.

FEVRIER 2014 : La paix et les migrants

A vous tous qui cherchez la paix:
Paix !
embarcation réfugiés migrants turquie morts enfants mer rocher bateau pêcheur Le 19 janvier 2014, on a célébré la 100ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié, avec l’objectif de sensibiliser la conscience chrétienne et humanitaire à une prise d’attitude à l’égard de ces hommes et femmes obligés de quitter leurs terres, à la recherche d’une vie plus digne. Et, pourtant, même avec toute cette mobilisation, le drame de ces gens ne semble pas arriver à sa fin.   
Le symbole majeur de cette tragédie est une petite île italienne – l’ HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele" \o "Île" île de Lampedusa –, de 20,2 km² de superficie et d’environ 5 milles habitants. A mi-chemin entre l’Europe et l’Afrique, l’île est devenue une porte d’entrée pour ceux qui désirent arriver en  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Europe" \o "Europe" Europe de façon irrégulière. Des dizaines de milliers de  HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tranger_en_situation_irr%C3%A9guli%C3%A8re" \o "Étranger en situation irrégulière" sans-papiers y sont arrivés, par des bateaux nommés « bateaux de l’espérance », en payant très cher. Sans sécurité, les migrants sont entassés comme des sardines dans une boîte. On estime ainsi que plus de 20 milles personnes ont perdu leur vie en faisant la traversée. Le cas le plus récent est celui du 3 octobre 2013, quand un bateau transportant 500 migrants a pris feu et chaviré, en faisant 350 morts.
 La question n’est pas simple : faut-il accueillir en Europe tous ces migrants ? Faut-il les renvoyer ? Faut-il les laisser périr ? En 2007, deux capitaines de bateaux de pêche italiens ont été mis en justice pour avoir voulu secourir des « bateaux d’espérance », accusés d’aider à l’entrée illégale de migrants sur le territoire. Le 8 juillet 2013, le Pape François, lui-même, s’est rendu sur cette île pour manifester sa solidarité à toutes les victimes, ainsi qu’à la communauté de Lampedusa qui sans cesse démontre sa charité envers les plus démunis. A cette occasion, il nous a rappelé notre responsabilité humanitaire dans cette situation : « Beaucoup de nous, je m’y inclus aussi, nous sommes désorientés, nous se sommes plus attentifs au monde dans lequel nous vivons, nous ne soignons pas, nous ne gardons pas ce que Dieu a créé pour tous et nous ne sommes plus capables non plus de nous garder les uns les autres. Et quand cette désorientation assume les dimensions du monde, on arrive à des tragédies comme celle à laquelle nous avons assisté ». Dans son message pour la Journée du Migrant et du Réfugié, publié le 5 août 2013, il nous invité au « passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur ».
La paix mondiale dépendra en grande partie de la solution et de la réponse que nous donnerons à l’égard des migrants et des réfugiés. Ou la paix viendra pour tous, ou la paix ne viendra pour personne : il faut établir un ordre cosmopolite où le monde se transforme dans la maison de tous et que tous soient bien accueillis partout. 
Avec les paroles du Pape François  à Lampedusa, assumons notre part de responsabilité dans cette question : 
Seigneur, nous demandons pardon pour l’indifférence envers beaucoup de frères et sœurs ; Père, nous te demandons pardon pour celui qui s’est accommodé et s’est enfermé dans son propre bien-être qui porte à l’anesthésie du cœur, nous te demandons pardon pour ceux qui par leurs décisions au niveau mondial ont créé des situations qui conduisent à ces drames. Pardon Seigneur ! Seigneur, que nous entendions aujourd’hui aussi tes questions : « Adam où es-tu ? », « Où est le sang de ton frère ? ». Amen.
Avec toute mon amitié,
          fr. Irénée Rezende Guimarães
moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France




JANVIER 2014 : LA FRATERNITÉ, FONDEMENT ET ROUTE POUR LA PAIX

A vous tous qui cherchez la paix:
Paix !


Le Pape François a choisi comme thème pour ce 1° janvier 2014, Journée Mondiale de la Paix: « La fraternité, fondement et route pour la paix ». La méditation de ce message pourra bien nourrir notre prière pour la paix dans ce premier mois du nouvel an.
Le point de départ de la réflexion du pape c’est l’existence en chacun d’une « soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser ». Pourtant cette vocation est niée par une « mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, en nous fermant sur nous-mêmes », dans un monde où manque la référence à un Père commun, fondement ultime de la fraternité entre les hommes (n° 1). Si Caïn symbolise le refus à la responsabilité vis-à-vis de nos frères (n° 2), le Christ, dans son abandon à la mort par amour du Père, réconcilie en lui tous les hommes  (n° 3). La paix est comprise comme un mouvement de solidarité envers tous, spécialement les plus pauvres, aimés « comme l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint » (n° 4). Ainsi la fraternité, se présente comme un chemin pour vaincre la pauvreté, soit « par la redécouverte et la valorisation de rapports fraternels au sein des familles et des communautés », soit par des politiques efficaces « qui assurent à tous leur dignité et leurs droits fondamentaux, soit encore par « des styles de vie sobres et basés sur l’essentiel » (n° 5). La grave crise financière et économique contemporaine peut être aussi une opportunité pour retrouver un modèle d’économie plus fraternel (n° 6). De la même façon, la fraternité s’avère une alternative pour résoudre les différends humains, en redécouvrant comme frère celui qu’aujourd’hui on considère comme un ennemi à abattre : ce qui exige un ferme effort « en faveur de la non-prolifération des armes et du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique » ainsi qu’une conversion des cœurs (n° 7). Un authentique esprit de fraternité peut contrecarrer les multiples formes de corruption,  comme le trafic illicite d’argent, de drogues, de personnes et de organes humains, etc.  (n° 8). Enfin, une éthique de la fraternité s’étend aussi à la nature, en utilisant sagement les ressources au bénéfice de tous, de manière à ce que tous soient délivrés de la faim (n° 9). « Le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal, qui ignore la dimension transcendante de l’homme » : c’est seulement dans l’ouverture à Celui qui aime chaque homme et chaque femme, que la politique et l’économie pourront être un instrument efficace de développement humain intégral et de paix (n° 10).
Pour que ces paroles du Pape François soient accueillies par tous,  prions ainsi, en utilisant ses paroles :
 O Dieu de la Paix, « le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la grâce divine, c'est-à-dire la possibilité de participer à sa vie. (…) Cette bonne nouvelle réclame de chacun un pas de plus, un exercice persistant d’empathie, d’écoute de la souffrance et de l’espérance de l’autre, y compris de celui qui est plus loin de moi, en s’engageant sur le chemin exigeant de l’amour qui sait se donner et se dépenser gratuitement pour le bien de tout frère et de toute sœur. Que Marie, Mère de Jésus, nous aide à comprendre et à vivre tous les jours la fraternité qui surgit du cœur de son Fils, pour porter la paix à tout homme sur notre terre bien-aimée ». Amen.
Avec les vœux d'une nouvelle année bénie !

          fr. Irénée Rezende Guimarães

moine bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame, Tournay, France.
                                                                                                        Tournay, 30 décembre 2013.

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